Fofana Baba Idriss

2021, voir la partie invisible de l’iceberg

Un jour, un ami m’a envoyé un message douteux : « On est toujours vaincu par ce qu’on craint. Ce que nous voyons [parlant de la COVID-19] n’est que la partie visible de l’iceberg d’une guerre secrète. Et les aveugles perdront toujours la guerre. (..) Vaccins ou pas, on te parle d’une nouvelle version plus nocive que le vaccin actuel. Tout ceci est de la marmaille [parlant de business] des puissances de ce monde qui veulent imposer encore une gouvernance mondiale en 2021 ». Une posture victimaire, avec laquelle je suis en désaccord.

J’ai reçu ce message sur WhatsApp de la part d’un ami, qui commentait ma dernière chronique pour boucler 2020. Je lui ai répondu que ceux qu’on croit maîtres du monde aujourd’hui ne sont pas en réalité les fondateurs de l’humanité. Encore moins les propriétaires de l’espèce humaine.

Ce genre de réactions me donne l’impression que nous continuons à nous victimiser comme s’il y avait des gens qui décident à notre place. Que quoi qu’il en soit, nous sommes condamnés à subir le dictat des « puissants du monde » ! C’est un peu l’image du pauvre homme qui pense qu’il n’a plus de dignité, mais qui se sent obligé de nettoyer les souliers du riche pour vivre.

Affronter ce qu’on craint!

Dans notre posture victimaire, on trouve toujours un confort à vouloir rester les bras croisés. On croit savoir lire entre les lignes, décoder des messages. Mais on est incapable de voir la partie invisible de l’iceberg. Il ne suffira pas d’ouvrir les yeux en 2021!

Dire qu’on est « toujours vaincu par ce qu’on craint », c’est faire montre d’une sorte de lâcheté vis-à-vis de soi-même. Si l’on a cette capacité à connaître ce qu’on craint, on ne devrait pas sortir perdant. Quand on craint de se faire voler, on ne reste pas les bras croisés pour attendre de se faire voler. Quand on craint quelque chose, on ne se bande pas les yeux pour dormir sur ses lauriers.

Pour moi, la vie est un combat que nous devons gagner chaque jour. Et pour vaincre ce qu’on craint, on devrait être prêt à affronter ce qu’on craint. Ce que nous craignons pour 2021, nous devons l’affronter en 2021. Car, rien n’est si fort qui ne tombe pas!

fbiyay


2020, une année de poisse ?

On a pour coutume de tourner la page d’une année dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Mais il sera difficile de tourner la page de 2020. Il est clair que 2020 sera derrière nous, parce qu’on sera en 2021. Toutefois, on ne peut prédire que 2021 sera meilleure que 2020. Qui a cru un seul instant que 2020 allait être moins meilleure que 2019, avec la Covid-19 qui a terrassé le monde ?

Confinés, déconfinés et reconfinés ! Je parle de 2020, l’année où le monde a changé sa marche et sa démarche. On est passé du mode présentiel au virtuel. Le télétravail a pris le dessus. Le domicile s’est transformé en école. Lorsqu’on a l’occasion de sortir de chez nous pour faire des emplettes, on n’a même pas le droit de humer l’air frais du dehors.

C’est une question de vie ou de mort, nous dit-on

Voilà que nous nous sommes résolus à porter des masques. On tente tant bien que mal d’appliquer la règle des deux mètres entre deux individus. De la distanciation sociale à la distanciation physique, il n’y a eu qu’un jeu de mots. Car, en vérité, cela n’a pas empêché le pire en 2020.

En 10 mois, plus d’un million 500 000 personnes ont été arrachées à la vie. L’auteur de ces tueries de masse est connu de tous, mais aussi invisible de tous : la Covid-19 ou le nouveau coronavirus. Si je m’en tiens à ce qu’il se dit ça et là sur les réseaux sociaux, cette pandémie a transformé 2020 en une année apocalyptique. Et les spéculations sur le mal n’en finissent pas de rabâcher nos oreilles.

Pour certains, le coronavirus a été envoyé par Dieu pour punir « la méchanceté » des hommes et des femmes.

Pour d’autres, avec autant d’infectés et de morts, c’est le signe que « la fin du monde » n’est pas loin !

Les tenants des théories complotistes, quant à eux, croient dur comme fer que la Covid-19 est un « business » pour faire écouler des produits. Ces derniers tentent de nous faire avaler la thèse selon laquelle le virus, qui traumatise notre quiétude, a été fabriqué dans des laboratoires avant d’être propagé dans l’air.

L’enfer, ce n’est pas seulement la Covid-19 !

Qu’à cela ne tienne ! L’objet de cette chronique n’est pas de décortiquer le pourquoi du comment de la Covid-19. Même si ce virus continue de prêter le flanc à toutes sortes d’élucubration qui emballent plus d’un. En plus de respecter les mesures barrières, soutenir nos malades dans les hôpitaux, faire le deuil des disparus, il faut ajouter à cela des tonnes d’informations douteuses sur la provenance du nouveau coronavirus que nous affrontons au jour le jour.

Pour moi, l’enfer n’est pas seulement la Covid-19 sur terre. C’est aussi ceux qui pourrissent la vie de leur semblable sur cette pandémie, sans pouvoir apporter une réponse concrète. Tout cela démontre à quel point 2020 a été une année périlleuse.

Mais Dieu a donné cette capacité à l’humain de surmonter les défis et tout ce qui lui tombe dessus pour pouvoir avancer. Cette résilience est d’autant plus visible en ce mois de décembre 2020. Un petit tour sur la toile depuis le 25 décembre m’a donné l’impression que nous sommes dans « le meilleur des mondes ». Un monde où la joie est jouissive sur tous les visages.

Oui, décembre est le « mois béni » des fêtes de fin d’année. Même quand on a perdu le sourire durant les 11 mois de l’année avec le port des masques ou cache-nez, l’humain ne boude pas son plaisir à « jeter » le masque un tant soit peu pour regagner le sourire au 12e mois de l’année. Parce que c’est la période de l’année par excellence pour oublier nos déboires. Quoi de plus normal ? La vie est faite de haut et de bas.  

La hantise de 2020 en 2021…

Pendant que certains se réjouissent d’avoir faire de bonnes affaires en 2020, en vendant des cache-nez, des solutions antibactériens, du papier hygiénique, d’autres se désolent d’être confinés, de ne pas pouvoir « péter le champagne » avec leurs amies. Acceptons que le malheur des uns fasse le bonheur des autres.    

Comme dirait l’adage, on peut tout arracher au pauvre, mais on ne peut pas l’empêcher de rêver. Si 2020 n’a pas été « l’année de ton année » et que tu as encore le souffle de vie, tu devrais rendre gloire à Dieu. Ne dit-on pas que « tant qu’on vit, il y a de l’espoir » ? D’ailleurs, j’ai une pensée pieuse à l’endroit de toutes ces personnes qui nous ont quittés en 2020. Ceux-ci n’auront pas la chance de voir 2021.

Qui sait ce que la nouvelle année nous réserve ?

Nous assistons à l’arrivée de vaccins en cette fin d’année 2020. En même temps, nous entrons en 2021 avec une « nouvelle variante » de la Covid-19. Loin d’être un oiseau de mauvais augure, je présage que 2021 nous réserve bien des surprises. En attendant, je me demande si une année peut nous apporter la malchance. Autrement dit, la poisse est-elle humaine ? Le monde a radicalement changé de visage en 2020. L’humain doit accepter cette nouvelle donne et s’adapter en 2021, au risque de revivre 2020.

FBIYAY

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Candidature de Ouattara, les « forces rétrogrades » à combattre

Parlant des violences qui découleraient de la décision d’Alassane Ouattara d’être candidat à nouveau, j’ai écouté une petite intervention du jeune loup du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) – le parti au pouvoir – que je ne veux pas laisser passer. Touré Mamadou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est ministre de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes, puis porte-parole adjoint du gouvernement ivoirien et du RHDP. Morceaux choisis…


Dans son intervention, au travers de cette vidéo, il s’insurge contre les violentes manifestions qui ont lieu ces derniers temps en Côte d’Ivoire à deux mois de la présidentielle d’octobre 2020. Il a surtout attiré mon attention lorsqu’il a parlé avec son cœur aux jeunes ivoiriens qui se laisseraient manipuler par les différents partis politiques ivoiriens. Que ce soit son propre camp à savoir le RHDP et les partis issus de l’opposition, dont le PDCI et le FPI.

J’ai admiré le courage de ce jeune cadre du RHDP lorsqu’il reconnaît qu’il y a des « forces rétrogrades dans tous les partis politiques ». Il va plus loin en disant qu’il faut « combattre ces forces rétrogrades » pour la paix en Côte d’Ivoire. D’autant plus que, d’après Mamadou Touré, « personne n’est prisonnier d’un parti politique ».

« Personne n’est prisonnier d’un parti politique »

Estimant que « la liberté, c’est la capacité à dire non », M. Touré soutient qu’un militant du RHDP ou de tout autre parti politique doit refuser d’exécuter un mot d’ordre si cela va en contradiction avec ses valeurs et ses principes. « Je suis RHDP. On me donne un mot d’ordre. Si je vois que le mot d’ordre qu’on me donne est en contradiction profonde avec mes valeurs, les principes auxquels je crois, je dis non. Parce que c’est moi qui adhère à un parti. J’ai des valeurs, j’ai des principes. C’est parce que je retrouve ces valeurs dans le parti politique que j’adhère au parti politique ».

https://www.facebook.com/babaidrissfofan/videos/318450659500656/

J’imagine que les forces rétrogrades doivent détester en ce moment la tête du porte-parole adjoint du RHDP, qui a frappé là où ça fait mal. Ils sont nombreux ces personnes nébuleuses qui manquent de courage pour appeler un chat un chat au sein des partis politiques. À ces personnes qui sont devenues plus royalistes que le roi, allez-vous combattre Mamadou Touré pour ses prises de position?

A-t-on besoin de s’illustrer de la plus mauvaise des manières dans un parti politique pour se faire de la place au soleil? Le jeune ministre du gouvernement dirigé par Hamed Bakayoko demande aux jeunes de refuser de brûler des pneus et de s’en prendre à des biens et des personnes pour faire plaisir à un homme politique qui ont soif du pouvoir tout en étant incapable d’aller à un jeu démocratique.

Rien ne peut arrêter Ouattara encore…

Justement, parlant de jeu démocratique, le jeune cadre du RHDP met un point d’honneur sur la question de la prochaine joute électorale. Depuis l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara pour le compte du RHDP, j’ai l’impression que certains hommes politiques font des mains et des pieds pour ne pas qu’il y ait élection le 31 octobre 2020. Des gens vont jusqu’à demander la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI) et même le remplacement du président de la CEI. Pourquoi maintenant? Tout simplement parce que le président Ouattara a décidé, contre toute attente, d’être candidat en 2020.

Pour ma part, je n’ai jamais voulu m’immiscer dans le débat de l’article 183 de la nouvelle constitution ivoirienne adoptée par référendum le 30 octobre 2016. D’ailleurs, je crois que le débat sur l’éligibilité d’Alassane Ouattara pour un autre mandat est bouclé. Si les marches organisées par l’opposition et les violences commises de part et d’autre n’ont pas empêché l’investiture d’ADO en qualité de candidat du RHDP le samedi 22 août et le dépôt de sa candidature à la CEI le lundi 24 août, il est temps que l’opposition chausse ses bottes pour l’affronter dans les urnes.

Il est vrai que je fais partie de ceux qui ont acclamé Ouattara lorsqu’il a décidé le 5 mars de ne pas se représenter, en même temps j’ai critiqué sa volte-face quand le même Ouattara a dit qu’il reconsidérait sa position pour être candidat finalement. Mais ce n’est pas parce que Ouattara est candidat que nous devons brûler la Côte d’Ivoire. Si la Côte d’Ivoire brûle est-ce que ce sera à Ouattara qu’on aura fait du mal?

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Mali : faut-il se réjouir du coup de force?

D’emblée, je me réjouis du fait qu’il n’y ait pas eu d’effusion de sang, à ce que je sache, lors de l’éjection du Chef de l’État malien par les militaires. Toutefois, je dois avouer que ce à quoi nous avons assisté pour la énième fois n’honore pas le Mali, ni l’Afrique dans son ensemble, encore moins les Africains eux-mêmes.

La démocratie a foutu le camp au Mali le 18 août 2020. Certes les dirigeants africains sont ce qu’ils sont, mais cela ne devrait pas conduire « nos hommes en treillis » à faire usage de la force pour s’accaparer du pouvoir, sous prétexte que « rien ne va plus » dans le pays. Cela s’appelle recule démocratique d’au moins 10 ans!

Ne dit-on pas que la troupe est à l’image du chef? Ces hommes qui sont à la tête de nos États africains ne sont jamais parachutés depuis le ciel. C’est nous-mêmes, le peuple, qui magnifions ces hommes politiques, qui les rendons rois en allant les voter. Quand nous estimons que nos dirigeants politiques ne sont pas à la hauteur, pourquoi ne retournons-nous pas dans les urnes pour les sanctionner?

Le mal dont nous souffrons le plus en Afrique, ce n’est pas le manque d’éducation ni de culture politique : c’est le fanatisme.

À la vérité, je ne porterai pas de gants pour le dire, les Africains [y compris moi-même] sont eux-mêmes à la base de leur problème. Nous n’avons pas encore compris sur quoi nous devons nous baser pour élire des humains comme nous à la tête de nos États. Le mal dont nous souffrons le plus en Afrique, ce n’est pas le manque d’éducation ni de culture politique : c’est le fanatisme. Quand nous aimons quelqu’un, quelle que soit sa moralité, quel que soit son parcours, nous sommes prêts à tout pour que ce dernier nous dirige. Après, pourquoi sommes-nous surpris que le l’homme ne fasse pas notre affaire?

Allons-nous continuer à recourir aux militaires ou à des méthodes insurrectionnelles pour « dégager » celui que nous avons contribué à élire dans les urnes? Peut-être qu’il faut que nous retournions à l’école pour apprendre à choisir « nos dieux », que dis-je, nos dirigeants. Ces hommes forts qui sont à la tête de nos États doivent se rendre à l’évidence qu’aucune Armée ni une puissance n’est acquise à la cause du Chef d’État, fût-il Africain. Si c’était le cas, le président Ibrahim Boubacar Keita (75 ans) serait encore au pouvoir, sous la protection de milliers de soldats français basés au Mali.

Aucune armée n’est acquise à la cause du chef

Pour ma part, j’estime que rien ne devrait se régler par la violence. Quand on n’est pas d’accord, on devrait utiliser des moyens légaux pour se faire entendre. C’est pourquoi nous devons faire en sorte que nous ayons des Institutions fortes dans nos pays africains. Si nous avons des Institutions fortes, des sociétés civiles crédibles, nos présidents seront faibles. Ils n’auront jamais le dernier mot.  

Je suis impatient de voir le jour où des populations descendront dans les rues pour dire « non » à des putschistes qui tenteront d’évincer un Chef d’État élu. Tant que nous allons continuer à acclamer des coups d’État, des rébellions, nous ne connaîtrons jamais la « démocratie ». Ce sera toujours la « mangecratie » ou la « kleptocratie ».

L’histoire nous a démontré ces dernières années que les coups d’État, les insurrections n’ont jamais résolu nos problèmes. Bien au contraire, ce sont des crises à n’en point finir. Je crains que ce que le Mali vient de connaître débouche sur quelque chose d’insaisissable.

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Présidentielle 2020 : Ouattara franchit le Rubicon d’un 3e mandat en Côte d’Ivoire

Alors que le chef de l’État ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO) avait annoncé 6 mois auparavant, devant le parlement, qu’il s’engageait à « transférer le pouvoir » à une « nouvelle génération » au soir du 31 octobre 2020, il a finalement « reconsidéré » sa décision, en annonçant le 6 août 2020 qu’il sera candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Ce revirement de dernière minute démontre clairement qu’ADO a décidé de s’accrocher au pouvoir.


Patatras ! Le sort s’acharne sur la Côte d’Ivoire. L’élection présidentielle du 31 octobre va-t-elle déboucher sur une nouvelle crise post-électorale comparable à celle de 2010 qui a fait au moins 3 000 morts ? C’est l’une des principales questions que bon nombre d’Ivoiriens se posent depuis l’annonce de la candidature du président de la République Alassane Ouattara pour un énième mandat après deux mandats présidentiels (2010 à 2015) et (2015 à 2020).

5 mars, 6 août, 7 août, 8 juillet… des chiffres qui parlent!

Un 5 mars 2020, le président de la République de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara annonçait qu’il ne serait pas candidat pour un 3e mandat présidentiel le 31 octobre 2020. Un 6 août 2020, le même Alassane Ouattara revient nous dire dans un discours qu’il sera candidat à l’élection présidentielle. Cette déclaration d’Alassane Ouattara intervient à la veille de la célébration des 60 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire qui a lieu le 7 août 2020, et ce, un mois après la mort du premier ministre Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet 2020.

Je n’entrerai pas dans le débat de ceux qui estiment que Ouattara a le droit de se représenter, qui pensent que cette candidature serait la première de la troisième République. J’estime que là n’est pas la question.

Une constitution « taillée » pour la présidentielle 2020 ?

Ainsi, Alassane Ouattara vient de donner raison à ceux qui ont juré la main sur le cœur qu’il s’est « taillé une Constitution » pour se maintenir au pouvoir. Moi qui avais écrit un billet le 10 mars 2020 sur ce blog pour dire que Ouattara avait fait mieux qu’Houphouët-Boigny en matière d’alternance, puisque le premier président ivoirien est mort au pouvoir. C’était mal connaître le pouvoir.

Lorsque Alassane Ouattara évoque un « cas de force majeur« , suite au décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat initial du RHDP, pour aller à l’encontre de sa « parole donnée« , on se retrouve en face d’un homme qui « perd en crédibilité« , d’après ce que je lis ça et là sur les réseaux sociaux, aux yeux du monde entier qui avait salué sa décision de ne pas briguer un troisième mandat.

« (..) M. le président, en succombant à la tentation et à l’éternité politique, vous risquez de faire sombrer la Côte d’Ivoire dans un chaos que nous croyions éloigner à jamais. Allez-vous sacrifier tout ce que vous avez bâti pour vous classer du mauvais côté de l’histoire de notre pays? Allez-vous tomber sans résister dans le destin tragique des chefs d’État africain obsédés par le pouvoir ? »

– Meiway, une des icônes de la musique ivoirienne, dans un message adressé au président Alassane Ouattara

En disant que « cette décision » de candidature représente « un vrai sacrifice » pour lui « par amour » pour son pays, parce que ne voulant pas que l’économie ivoirienne sombre, que le taux de chômage grimpe en flèche, que l’insécurité gangrène à nouveau, Alassane Ouattara met en avant un « faux alibi » d’autant plus qu’il nous a fait croire qu’il n’avait plus la force à 78 ans pour continuer à diriger la Côte d’Ivoire. Comment comprendre que subitement M. Ouattara s’est ragaillardi à la suite du décès de son « fils » Amadou Gon Coulibaly?

Un sacrifice de trop pour un mandat de trop ?

Où est passée la « nouvelle génération » dont le président Ouattara parlait ? Or donc, la nouvelle génération en question se résumait en la seule personne de feu Amadou Gon Coulibaly ? Faut-il comprendre par là que Hamed Bakayoko (55 ans) ou Patrick Achi (64 ans), pour ne citer que ces deux éminents cadres du RHDP qui ont occupé de hautes fonctions au sommet de l’État pendant environ 10 ans aux côtés du Président Alassane Ouattara, ne sont pas dignes de représenter le parti au pouvoir à la prochaine élection présidentielle ivoirienne ? Après nous avoir faire croire qu’il travaillait à faire en sorte qu’une équipe lui succède. Aujourd’hui, le constat est qu’il n’a jamais eu confiance en cette équipe avec qui, pour la majorité d’entre eux, il a travaillé pendant presque 10 ans, en dehors de la personne de l’ex-premier ministre Gon Coulibaly. C’est pathétique !

« S’il n’y a aucune personne dans la jeune génération, compétente, pour vous succéder, vous avez dès lors échoué M. le Président [Ouattara]. Et, il faut le reconnaître en renonçant à ce 3e mandat, qui sera de trop », a martelé Meiway.

Houphouët a-t-il transféré le pouvoir à Ouattara ?

À ce que je sais, Alassane Ouattara a été le seul Premier ministre du président Houphouët-Boigny de 1990 à 1993. Combien de temps a-t-il été à l’école du père fondateur de la Côte d’Ivoire pour vouloir lui succéder à la suite de son décès ? Pourquoi M. Ouattara croit qu’il doit forcément former quelqu’un à qui il devrait « transférer le pouvoir », sachant que Félix Houphouët-Boigny ne lui avait pas transféré le pouvoir ?

Quel que soit le beau bilan du RHDP ou de la gestion du président Ouattara de 2011 à 2020, rien ne présage qu’au soir de l’élection du 31 octobre 2020 le RHDP sera déclaré vainqueur dans les urnes. Mais à écouter Alassane Ouattara, à travers son discours du 6 août, on a l’impression que la sixième élection présidentielle de Côte d’Ivoire est vraiment « bouclée et gérée« , selon le slogan créé par Hamed Bakayoko. Si c’est le cas, n’allons-nous pas vers une prochaine crise post-électorale?

Alors que certains observateurs avertis de la scène politique ivoirienne s’accordent à dire qu’aucun parti politique n’est capable de gagner à lui seul une élection présidentielle sans alliance de nos jours, comme cela a été le cas en 2010 et en 2015, le RDR devenu RHDP, va-t-il nous surprendre en 2020 sachant que plusieurs partis politiques issus de l’opposition avec à leur tête l’ex-président Henri Konan Bédié ont créé une plateforme pour se soutenir en cas de deuxième tour ? Le chef de file de la plateforme de l’opposition, qui a été l’allié de Ouattara en 2010 et en 2015 va-t-il accepter les résultats en cas de défaite ?

L’artiste reggae engagé, Tiken Jah Fakoly, ne croyait pas si bien le dire dans une de ces vidéos il y a quelques semaines : « (..) Accepter que l’un des trois leaders politiques [Bédié, Ouattara, Gbagbo] soit candidat aux prochaines élections en Côte d’Ivoire, c’est insulter la mémoire des 3000 de nos compatriotes qui sont morts pendant la crise post-électorale de 2010-2011. »

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Alassane Ouattara, partira ou partira pas ?

Le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) est à la croisée des chemins. Depuis le 8 juillet, date du décès brutal du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, celui-là même qui avait été désigné candidat du parti au pouvoir pour la présidentielle d’octobre 2020, il y a problème.

La Côte d’Ivoire est à trois mois du déclenchement de l’élection présidentielle. C’est peu de le dire. La mort d’Amadou Gon Coulibaly dit AGC a désarçonné son parti politique, le RHDP, au point où il semble difficile de trouver un autre « lion » pour les futures batailles électorales. Alors que le RHDP n’a ni envie de quitter le pouvoir encore moins perdre la présidentielle du 31 octobre, les petits plats sont mis dans les grands pour décrocher le « cheval gagnant ».

C’est une question d’intérêt

En attendant, on assiste à toute sorte de manigances à Abidjan. Certains rasent les murs du Palais présidentiel du Plateau et de la résidence privée du Chef de l’État Alassane Ouattara à Cocody. Ils ne sont pas forcément des ‘’colporteurs’’ de bonnes nouvelles dans les oreilles du PRADO (le Président de la République Alassane Dramane Ouattara). Le comble, c’est que chacun prêche pour sa chapelle. Parce que c’est une question d’intérêt qui serait loin d’être nationale.

Pendant ce temps, ADO qui se remet difficilement du décès de son « fils » Gon Coulibaly, doit encore affronter les desiderata des uns et des autres. Comment s’y prend-il pour nommer un nouveau vice-premier ministre? Va-t-il nommer un nouveau Premier ministre à son image ou à l’image d’Amadou Gon Coulibaly? Ces questions que tous les Ivoiriens se posent suscitent beaucoup d’élucubration aussi bien au sein des partis politiques que sur les réseaux sociaux. Chacun y va de son commentaire en attendant l’ultime « discours de délivrance ». Mais jusqu’à quand? Y’a problème!

Si le fils était le « lion », le père serait quoi ?

Ainsi, après les funérailles du « fils », presque tous les regards sont tournés, depuis Korhogo jusqu’à Abidjan, vers le « père » pour la « succession » à la candidature de celui qu’on appelait affectueusement le lion. Des gens mobilisent les jeunes, les vieux, les chefs traditionnels et autres pour réclamer à cor et à cri la candidature du président Alassane Ouattara. Chaque jour au journal de 20h, à la télévision nationale, on nous présente des groupes de personnes réclamant un troisième mandat de l’actuel Chef de l’État ivoirien.

Le hic, c’est qu’Alassane Ouattara qui est considéré comme un « homme de parole », qui « tient parole », qui « dit ce qu’il fait » et qui « fait ce qu’il dit », a déclaré solennellement devant le Congrès ivoirien le 5 mars 2020 qu’il a décidé « de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 » et de « transférer le pouvoir à une jeune génération ».

Ce « discours historique » tenu devant les députés et les sénateurs de la Nation a été salué par le monde entier. Cette décision d’Alassane Ouattara ne pas se représenter pour un troisième mandat consécutif, alors que la constitution de la troisième République lui permettrait d’être candidat à sa propre succession, a fait rentrer l’homme dans l’histoire par la grande porte. Car, pour la première fois en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens allaient assister à une passation de pouvoir entre deux Chefs d’État. Et pourtant…

Les partisans du troisième mandat jouent leur survie

Aujourd’hui, quand on voit des gens se mobiliser de part et d’autre pour ‘’obliger’’ Alassane Ouattara à être candidat du RHDP le 31 octobre 2020, alors qu’il dit être « fatigué » à 78, c’est à croire que ces personnes veulent prendre en otage un monsieur à la tête de la Côte d’Ivoire. En se comportant ainsi, les PTM (partisans du troisième mandat) démontrent aux yeux du monde qu’en dehors d’Alassane Ouattara, aucun cadre du RHDP n’est « apte » à gouverner la Côte d’Ivoire.

Si tel est qu’après Ouattara, c’est Ouattara, on comprend bien la profondeur des frustrations créées au RHDP après la désignation d’Amadou Gon Coulibaly le 12 mars 2020. Certains vont jusqu’à dire que le président de la République doit reporter l’élection présidentielle d’un an le temps de trouver un « digne successeur ». Doit-on comprendre par là qu’Alassane Ouattara doit continuer à gouverner la Côte d’Ivoire jusqu’à ce qu’il finisse la formation d’un deuxième AGC?

Pour ma part, je dis bien si ADO n’a pas été capable de former plusieurs personnes qui sont restés à ses côtés depuis 10 ans, 20 ans voire 30 ans, qui ont appris « l’art de la politique et de la gouvernance » à ses côtés, ce n’est pas en un an ou en cinq ans que le miracle se produira. Ce serait une « formation accélérée ratée » en 12 mois, s’il a fallu 30 ans pour faire d’Amadou Gon Coulibaly (paix à son âme) l’homme de rigueur, comme Ouattara, l’homme présidentiable pour tout dire.

ADO pris en otage par le RHDP

Nous sommes tous fiers des réalisations du cinquième président de l’histoire de la Côte d’Ivoire. À l’exception de Félix Houphouët-Boigny, on est d’accord que le bilan de 10 années de gestion est « inattaquable » par rapport aux chefs d’État qui l’ont précédé. Ce n’est une opinion. C’est un fait. Mais de là, ne venez pas nous faire croire que si le 1er fils n’est plus, il n’y a plus personne pour suivre les traces du père.

En disant que « seul Alassane Ouattara est capable de marcher dans ses propres traces » alors que lui-même dit être en train de marcher sur les traces du père Félix Houphouët-Boigny, je me demande s’il a encore des enfants auprès de lui. Autrement dit, est-ce qu’en dehors de Gon Coulibaly, Alassane Ouattara a-t-il encore des fils ou des filles? Est-ce par pur plaisir qu’il continue d’appeler certains hommes politiques ivoiriens « mon fils »?

Je ne pense pas que le président Alassane Ouattara tombera dans le jeu de ceux qui sont prêts à vendre leur peau pour que le chef reste à la barre, parce qu’après lui ce serait le chaos. Non, ADO ne devrait pas manger de ce « pain ». D’ailleurs, la réunion du Conseil politique du RHDP tenue le mercredi 29 juillet et à laquelle Alassane Ouattara a pris part a accouché d’une souris.

Le Conseil politique du 29 juillet, un fiasco !

Ceux qui ont convoqué ADO s’attendait à entendre autre chose que ce qu’ils ont entendu : « Je prends acte des résolutions du Conseil Politique et de votre demande [d’être candidat]. Je vous demande de continuer d’avoir une pensée pour Amadou Gon, et de me laisser le temps du deuil et du recueillement avant de vous donner une réponse ». C’est une douche froide pour les organisateurs de ce rassemblement et de tous ceux qui défilent à longueur de journée chez Alassane Ouattara pour lui demander de briguer un troisième mandat présidentiel.

À travers ces paroles, le président Ouattara a en quelque sorte dit à ses partisans qu’il accordait moins d’importance à une probable candidature qu’au deuil de son fils Amadou Gon Coulibaly. En clair, ne soyez pas surpris dans les jours à venir d’apprendre qu’Alassane Ouattara ne sera pas le candidat du RHDP à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Et si jamais c’est le cas, j’espère que vous tiendrez le coup. Wait and see!


Amadou Gon Coulibaly : les larmes de crocodile versées après son décès

Finalement, faut-il mourir pour faire l’unanimité? Depuis l’annonce du décès du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, suite à un malaise cardiaque, le mercredi 8 juillet 2020, que d’éloges à son égard. Des hommes politiques aux citoyens lambda en passant par la société civile, le monde des affaires et le milieu des religieux, toutes et tous ont « subitement » eu de l’admiration pour celui qu’on appelait AGC. Et pourtant…

Après deux mois à Paris pour un contrôle médical, le premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly est définitivement rentré en Côte d’Ivoire le 2 juillet 2020 pour, dit-il, « reprendre sa place aux côtés du président de la République Alassane Ouattara pour continuer l’œuvre de développement ».

Malheureusement! Amadou Gon Coulibaly n’aura pas le temps de reprendre cette place aux côtés de celui qu’il considérait comme son mentor et son second père : Alassane Ouattara. Il aura juste le temps de retrouver sa famille à la maison, de diriger un Conseil de gouvernement et de participer à son dernier Conseil de ministres le mercredi 8 juillet. Au cours de cette même journée, il quittera le monde des vivants à 61 ans, laissant derrière sa mère, son épouse et ses cinq enfants inconsolables.

Le ‘’visage hypocrite’’ de la politique ivoirienne

Comme Arafat Dj, l’annonce de la mort d’Amadou Gon Coulibaly, celui qu’on appelait également « Le lion du Poro » a ébranlé toute la Côte d’Ivoire. Du nord au sud, de l’est à l’ouest en passant par le centre de la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et toute la classe politique ont dans leur ensemble reconnu qu’Amadou Gon était « un travailleur infatigable, technocrate, homme de rigueur, de loyauté… » et même « un modèle pour la jeunesse » à travers son parcours scolaire, professionnel et politique. Que dire de plus sur les dimensions de l’homme?

Amadou Gon Coulibaly n’était pas seulement Premier ministre de Côte d’Ivoire. Il était le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). En tant que tel, AGC était considéré comme celui qui avait « la carrure d’homme d’État » qui devait succéder à Alassane Ouattara, l’actuel président de la République qui a décidé le 5 mars 2020 de ne pas briguer un troisième mandat pour faire la place à une « nouvelle génération » de dirigeants.

Aujourd’hui, je suis surpris d’entendre tous ces témoignages aussi admiratifs qu’élogieux de la part des Ivoiriens à l’endroit d’Amadou Gon Coulibaly. Je veux bien croire qu’il s’agit réellement du petit fils de Peleforo Gon Coulibaly. Je veux bien croire que nous parlons de celui que certains annonçaient pour mort sur les réseaux sociaux bien avant sa mort. Que n’a-t-on pas lu et entendu comme paroles méchantes et blessantes à l’endroit d’Amadou Gon Coulibaly?

Trop de méchancetés à l’endroit d’AGC… pour rien!

Faut-il le rappeler, lorsqu’Amadou Gon Coulibaly a été désigné le 12 mars 2020 comme candidat du RHDP à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, cette nouvelle a créé l’émoi chez beaucoup d’Ivoiriens aussi bien au sein de sa propre formation politique. Depuis lors, jusqu’à son départ sur Paris pour son contrôle médical, j’ai eu comme l’impression que les partisans de certains hommes politiques, tapis dans l’ombre, avaient eu pour mission de « détruire l’image de marque » du premier ministre AGC, en le réduisant en « homme incapable », en « mauvais choix » pour les élections à venir.

Mais quand Amadou Gon Coulibaly meurt, les mêmes qui se réjouissaient de sa maladie, qui souhaitaient sa mort, qui n’avaient aucun respect pour les valeurs qu’il incarnait, viennent verser des larmes de crocodile. Je dénonce ce ‘’visage hypocrite’’ de la politique en Côte d’Ivoire. Dire de son vivant qu’Amadou gon n’était pas un « cheval gagnant » et attendre sa mort pour dire qu’il avait le « meilleur profil » pour diriger la Côte d’Ivoire. Comme le président Félix Houphouët-Boigny l’a si bien illustré dans une citation : « Le vrai bonheur on l’apprécie lorsqu’on l’a perdu ».

« Le vrai bonheur on l’apprécie lorsqu’on l’a perdu »

L’Ivoirien doit apprendre à être honnête dans ses dires. La politique ne doit plus être, comme certains le disent, « la saine appréciation des réalités du moment ». Nous devons apprendre à reconnaître les qualités, les valeurs, les compétences, le leadership des uns et des autres de leur vivant, même quand nous ne partageons pas leurs bords politiques.

En attendant de connaître le successeur d’Amadou Gon Coulibaly, au niveau de la Primature et éventuellement le prochain candidat du RHDP, je vous propose une biographie express de l’homme rédigé sur le site du gouvernement de Côte d’Ivoire. Mais avant, sachez que huit jours de deuil national ont été décrétés, du vendredi 10 au vendredi 17 juillet 2020. Le défunt Premier ministre sera inhumé le vendredi 17 juillet 2020 à Korhogo.

Amadou Gon Coulibaly, qui est qui?

Amadou Gon Coulibaly, né le 10 février 1959 Abidjan a obtenu le Baccalauréat série C, en 1977, au Lycée Moderne de Dabou en Côte d’Ivoire. Il s’est ensuite envolé pour la France en vue d’y poursuivre ses études universitaires. Il a été admis à faire la classe préparatoire aux Grandes Écoles (Lycée Jean Baptiste Say) de 1977 à 1979. Il a obtenu son Diplôme d’Ingénieur en 1982, à l’École des Travaux publics (ETP) de Paris. Il fut Conseiller technique chargé de la coordination et du suivi de 1990 à 1993 dans le gouvernement du Premier ministre Alassane Ouattara.

Amadou Gon Coulibaly a occupé successivement les fonctions de Directeur des études économiques et financières à la Direction du Contrôle des Grands Travaux (DCGTX) devenu BNETD, avant d’en être le Directeur général adjoint (1994-1995). Il a été élu Député à l’Assemblée nationale de 1995 à 1999, puis de 2011 à 2020. Il a également été maire de la Commune de Korhogo de mars 2001 à juillet 2020.

AGC fut successivement ministre d’État, ministre de l’Agriculture de mars 2003 à février 2005 et de 2006 à 2010, ministre de l’Agriculture dans différents gouvernements de réconciliation nationale.

Il fut ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République de mars 2012 à janvier 2017. Il deviendra, finalement, Premier ministre du 1er Gouvernement de la IIIe République depuis le 10 janvier 2017 jusqu’à sa mort le 8 juillet 2020.


George Floyd : un noir américain, tué par étouffement

Dans une vidéo qui fait le tout du monde depuis lundi, je vois un policier blanc de Minneapolis étouffer au sol un civil noir, jusqu’à ce que l’homme passe de vie à trépas. J’ai vraiment eu froid dans le dos!

Apprendre que George Floyd, homme d’environ 40 ans, est mort juste parce qu’il aurait tenté de faire passer un faux billet de 20 dollars, j’ai presque coulé les larmes en regardant cette vidéo de 10 minutes jusqu’à la fin.

On me dira certainement que suis émotif. Car, ce comportement envers les noirs est légion aux États-Unis et passe quasiment inaperçu. Mais ce qui m’a le plus frappé et choqué dans cette histoire macabre, c’est l’attitude des flics sur la « scène de crime ». L’un tient d’une mains de fer George Floyd tel un maniaque qui tient « sa proie ». Menotté, l’homme est plaqué au sol, le genou du flic dans son cou . Malgré ses cris de douleur, visiblement, le policier pose fièrement son genou dans son cou avec un regard désinvolte, main en poche. Pendant qu’il fait souffrir « sa victime », l’autre policier assiste et mène la garde, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Alors que George ne bougeait presque plus, comme s’il perdait son souffle de vie progressivement, le flic n’a jamais voulu entendre raison malgré les interpellations des passants, il continuait plutôt à exercer la pression dans le cou de l’homme jusqu’à l’arrivée des ambulanciers.

Quelle atrocité ! Je suis sans voix face à l’attitude des policiers du Minneapolis. Je ne pense pas que ces policiers accepteraient qu’on ôte la vie de façon aussi abominable à un animal.

Et dire que ces flics ont juste été renvoyés après leur forfait… et c’est tout ! Naturellement, cela a soulevé le courroux d’une frange de la population qui a décidé de manifester en s’en prenant également aux biens de la police du Minneapolis.

Mort de George Floyd, les noirs toujours dans le « viseur… »

Finalement, je me demande si le but de la lutte menée par Martin Luther King aux USA était de faire en sorte qu’il y ait, un jour, un noir à la tête des États-Unis d’Amérique ? Car, 50 ans après, on a l’impression que rien n’a changé dans le « traitement » des noirs. Au contraire, on assiste de plus en plus à la violation massive des droits des Noirs. C’est comme si cette « race de personne » n’avait pas droit à la vie aux États-Unis. Bien que Barack Obama, d’origine africaine, soit devenu Président à deux reprises, tout porte à croire que « l’homme noir » doit constamment se battre pour avoir une certaine dignité aux États-Unis.

Sans doute qu’il faut être noir et riche aux États-Unis pour bénéficier d’un certain respect. Je ne sais pas, mais apparemment quand tu es noir et pauvre, tu as tous les problèmes du monde avec la police.

Justice pour #GeorgeFloyd


On paiera cash notre incivisme face au coronavirus en Côte d’Ivoire

Chassez le naturel, il revient au galop. Ce proverbe traduit le comportement rédhibitoire de certains ivoiriens en ces périodes difficiles que la Côte d’Ivoire traverse à l’instar de tous les pays du monde confrontés à la crise du Covid-19, la maladie à coronavirus. Dans ce pays, l’incivisme est devenu le maître mot de la conduite à tenir.

1000 morts par-ci, 1000 morts par-là… ça fait peur! Nous voici terrés chez nous, bientôt un mois, pour éviter de tomber nez à nez avec ce vilain virus qui, à ce jour, reste invincible. Plus les jours passent, plus le COVID-19 emporte des vies humaines. Citoyens lambda, artistes, footballeurs, personnalités, hauts dirigeants, pauvres, riches, vieux, jeunes, le coronavirus ne trie pas. Pays riches, pays pauvres, pays en voie de développement, on est tous logés à la même enseigne.

COVID-19, évitez de ‘’croiser ce tueur ’’ nez à nez!

Le COVID-19, ce nouveau coronavirus nous impose désormais sa loi. Il terrasse tous ceux et celles qu’il trouve sur son chemin. Pour éviter de ‘’croiser’’ ce « tueur invisible », certains dirigeants ont recommandé à leurs populations d’adopter de nouveaux comportements, un nouveau mode de vie. Il s’agit donc d’éviter de se rassembler ou de s’attrouper, de respecter des mesures de distanciation physique d’au moins un mètre entre deux individus, porter des masques et des gants. À défaut, les gens doivent rester chez eux, se confiner, parce que tous les commerces et entreprises non essentiels pour nos besoins vitaux ont mis la clé sous le paillasson.

Dans la plupart des pays occidentaux, il est formellement interdit de racoler dans la rue. On ne sort que lorsqu’il est question d’acheter de la nourriture au marché ou au supermarché, des médicaments à la pharmacie, de répondre à un rendez-vous à l’hôpital. En dehors de ça, si la police vous « prend », vous serez interpellés, verbalisés, et condamnés à payer une forte amende.

Pendant ce temps, on remarque dans plusieurs pays du monde l’union sacrée des populations autour de leurs dirigeants, qui pour respecter ou faire respecter les mesures prises pour stopper ou briser la chaîne de propagation du COVID-19, qui pour apporter du soutien ou des aides à leur gouvernement afin de mieux riposter sur le terrain.

En Côte d’Ivoire, on assiste à une ‘’politisation de la lutte’’ contre le COVID-19. En lieu et place de campagnes de sensibilisation de la population, dont une grande partie ne croit pas à l’existence de la maladie à coronavirus, certains hommes politiques tapis dans l’ombre manipulent les jeunes. On amène les gens à se rebeller contre les mesures et les dispositions prises par le gouvernement ivoirien.

Si les Ivoiriens craignaient vraiment le coronavirus

Comment comprendre que des individus puissent démanteler un Centre de Dépistage Volontaire (CDV) en construction à Abidjan, épicentre du COVID-19 en Côte d’Ivoire qui regroupe 97 % des cas de personnes infectées ? À l’heure où tous les hôpitaux du monde sont pleins à craquer, où les malades de coronavirus surabondes et manquent de place, doit-on encore mettre à mal les efforts consentis par un gouvernement qui veut sauver des vies ?

Le Centre de dépistage volontaire en construction à Yopougon, commune d’Abidjan. Ph : @Badciss (Twitter)

En effet, dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 avril, en plein couvre-feu, des personnes ont saccagé le CDV en construction dans l’une des communes les plus peuplées du District d’Abidjan à savoir Yopougon. Elles prétextent que le gouvernement veut les exposer au COVID-19 en construisant un centre pour malade du coronavirus au nez et à la barbe des habitants. Or, en réalité, il ne s’agit pas de « centre pour malade de coronavirus », mais plutôt un CDV, un grand chapiteau pour permettre aux populations de Yopougon de se faire dépister volontairement sur place.

On dira que le « crime de lèse-majesté » du gouvernement ivoirien est de ne pas avoir pris la pleine mesure de communiquer sur la construction de CDV dans la commune de Yopougon. En même temps, on se demande aussi pourquoi l’installation de CDV dans d’autres grandes communes d’Abidjan comme Abobo, Marcory, Koumassi et Port-Bouët n’a pas buté sur l’hostilité des populations.

Bien avant, le 20 mars 2020, en pleine crise du COVID-19, une foule d’individus en colère investit le Centre technique de la mairie de Yopougon pour réclamer la gratuité de la carte d’identité nationale ivoirienne. Résultat : tout le matériel d’enrôlement de la carte d’identité a été saccagé. Cela faisait suite à l’appel de certains hommes politique issus de l’opposition dont Assoa Adou, un des responsables du Front populaire ivoirien (FPI), le parti fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, celui-là même qui a voulu se maintenir au pouvoir après avoir perdu les élections présidentielles du 30 novembre 2010 dans les unes contre Alassane Ouattara.

Le gouvernement ivoirien joue pour sa survie?

Depuis l’avènement de cette pandémie du COVID-19 en Afrique en général et particulièrement en Côte d’Ivoire, le gouvernement ivoirien est sous le feu des critiques notamment de la part d’opposants politiques et de cyberactivistes sur les réseaux sociaux. Quand certains estiment qu’il y a eu une réaction [très] tardive face à la mise en place de mesure de prévention, d’autres font croire aux Ivoiriens que le gouvernement ne fait rien pour freiner la propagation du virus en Côte d’Ivoire.

Rares sont les hommes politiques qui, comme Simone Gbagbo, Affi N’Guessan ont fait des messages de sensibilisation pour parler de la gravité du COVID-19, en demandant à leur militants et aux populations de respecter les mesures de confinement instaurées par le gouvernement ivoirien.

Il est peut-être vrai que les autorités ivoiriennes ont négligé le COVID-19 au départ, tout comme plusieurs pays occidentaux. Mais pourquoi détruire des installations visant à faire face à la maladie du coronavirus dans une commune où le plus grand Centre hospitalier universitaire (CHU) est fermé depuis plusieurs mois pour réfection ?

D’ailleurs, à ceux qui disent que le centre en question serait en plein cœur d’un quartier, comment expliquez-vous que ceux qui habitent aux alentours du CHU de Yopougon n’ont jamais eu l’idée de démanteler de le démantelé? Même si le CDV en question devait être transformé en « centre pour malade » de coronavirus, en quoi cela exposerait des populations saines censées être confinées? Peut-on vouloir sauver des Ivoiriens à Yopougon en sacrifiant d’autres vies dans la même commune ? Il faut manquer de civisme pour braver le couvre-feu et s’en prendre à une installation financée avec l’argent du contribuable.

Je rappelle que Yopougon est réputée être le bastion des partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo. Cette « cité de la joie », communément appelée « Yopougon de Gbagbo », abrite la majorité de ceux qu’on a connus comme étant les « jeunes patriotes » aux « mains nues » instrumentalisés sous le régime du prisonnier de La Haye. D’ailleurs, Yopougon est la commune qui est difficilement tombée aux mains des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) lors de la bataille d’Abidjan qui a vu la chute de Laurent-Gbagbo le 11 avril 2011.

Quand le Probo Koala empoisonnait et tuait…

Disons-le tout net. Le serpent n’est pas mort! À la veille des élections de 2020, les « jeunes patriotes » sont de retour avec leurs « anciennes pratiques ». Ils n’ont pas peur du coronavirus. Ils s’en foutent de tout en Côte d’Ivoire sauf de leur mentor Laurent Gbagbo, celui qui a gouverné la Côte d’Ivoire de 2000 à 2010 dans des « conditions calamiteuses ». C’est d’ailleurs sous M. Gbagbo que le Probo Koala, un navire pétrolier immatriculé au Panama, appartenant à une compagnie grecque et affrété par la société hollandaise et suisse Trafigura, est venu déverser 581 tonnes de déchets toxiques en Côte d’Ivoire en septembre 2006.

Quand le régime Gbagbo autorisait le déversement des déchets toxiques en Côte d’Ivoire dans certaines communes comme Bingerville, y a-t-il eu une communication préalable ? Non!

Loin de faire une comparaison, faut-il rappeler aux Gbagbo ou rien (GOR) qu’à ce jour, le Probo Koala a tué [à ce jour] plus de personnes en Côte d’Ivoire que le COVID-19, qui est une affaire mondiale ? Selon Wikipédia, « ces 581 tonnes de déchets provenaient du nettoyage du bateau (un mélange de pétrole, sulfure d’hydrogène, phénols, soude caustique et de composés organiques sulfurés). Ces derniers, répandus à terre en zone de décharge provoquent des émanations de gaz mortels. La mort de 17 personnes et l’intoxication de dizaines de milliers de personnes (43 492 cas d’empoisonnement confirmés et 24 825 cas probables, d’après l’Institut National d’Hygiène Publique : INHP) sont imputées par Amnesty international aux émanations de ces déchets.

Il est encore temps de rentrer dans la République pour faire front commun contre le coronavirus qui ne tue pas en fonction du parti politique ou d’un leader politique. Le vrai patriotisme, c’est être là quand le pays nous appelle. La Côte d’Ivoire est en guerre contre le COVID-19, c’est maintenant ou jamais que les « jeunes patriotes » doivent écouter les consignes des autorités ivoiriennes pour bouter cette maladie hors du pays. Autrement dit, nous allons payer cash notre incivisme.

FBIYAY

Lire aussi : COVID-19 : des jeunes ivoiriens ont une “solution” pour contrer le virus en Afrique


COVID-19 : des jeunes ivoiriens ont une solution pour contrer le virus en Afrique

Alors que l’OMS, l’ONU et certains chefs d’État demandent l’aide des pays riches pour voler au secours de l’Afrique où le COVID-19 risque de se propager comme une traînée de poudre, les Africains eux-mêmes ne veulent pas rester de marbre. Que ce soit au niveau de la sensibilisation des populations ou de la recherche dans les laboratoires, des cerveaux s’organisent pour préparer la riposte.

Depuis le 28 mars, on a franchi la barre des 30 000 morts dans le monde. Et le nombre d’infectés continue de monter avec plus de 600 000 cas de maladie à coronavirus sur la planète. L’heure n’est donc plus au verbiage creux. C’est le temps de passer à l’action pour sauver le monde face à un ennemi commun : le COVID-19. À l’image du travail de recherche scientifique dans les laboratoires, une équipe de jeunes entrepreneurs ivoiriens basés aux États-Unis travaillent d’arrache-pied pour aider à limiter la propagation du nouveau coronavirus en Afrique.

Un « triage efficace et effectif » face au COVID-19

À travers leur application « Apollo”, un écosystème de la santé prévoyant une réponse en cas d’épidémie et de pandémie, ils ont décidé de faire du dépistage à distance et faire suivre les « cas critiques » par le biais d’un processus automatisé par les autorités des pays africains qui utiliseront cette plateforme. « Nous avons créé un Risk Assessment and Preparedness Framework qui sera disponible sur notre site scbsystems.org. Notre approche met l’accent sur l’isolement et le dépistage précoce du COVID-19 », explique Sékou Cheick Bamba, Doctorant en Engineering Management à la George Washington University et CEO de SCB Systems.

Cheick Bamba, Doctorant et Top Innovateurs George Washington University 2019.

En effet, le « diagramme » élaboré par ces jeunes africains d’origine ivoirienne pour le processus de dépistage à distance semble innovateur. « Il définit la méthodologie d’un service universel qui prend en compte toutes les tranches de la population pour le triage, ce qui facilitera la prise de décision gouvernementale tout en allouant les ressources nécessaires pour la recherche et le développement du fait de la centralisation de la base de données », fait valoir le premier responsable d’Apollo, avant d’ajouter que « c’est une approche innovatrice de la collaboration gouvernement et entité privée ».

« En d’autres termes, notre diagramme permet d’évaluer l’exposition de la population au COVID-19, le suivi de l’évolution de la pandémie, la gestion des alertes et la circonscription de la maladie par le système sanitaire. »

Sékou Cheick Bamba, fondateur de SCB Systems

À en croire M. Bamba, l’application Apollo va donc au-delà d’un simple dépistage comme celle lancée par des organismes de renommée internationale. Il vise plutôt la limitation de taux élevé de contagion de coronavirus en favorisant la guérison de l’individu infecté. « Nous avons une approche holistique qui prend en compte le risque sanitaire et géographique tout en y alliant une politique de réponse adéquate pour prendre en charge les cas critiques par les gouvernements en un temps record. Cela est possible parce que nous arrivons à faire un triage efficace et effectif pour contrer le COVID-19 », précise-t-il.

D’où vient l’inspiration de la team « Apollo »

Photo : SCB Systems

Considérant que le ratio du mode de transmission est « exponentiel » dans les pays chaleureux, l’étudiant de George Washington University qui dit avoir « perdu le sommeil » lorsqu’il a fait des projections du potentiel impact du COVID-19 sur l’Afrique. C’est suite cela qu’il décide de réunir deux membres de son équipe notamment le directeur Drissa Coulibaly et Yeli Sidibé le CTO (Chief Technology Officer) de SCB Systems afin de réfléchir à une solution pour aider l’Afrique à faire face. « On était tous d’accord que nous devions déployer une solution pour freiner le COVID-19 dans notre pays et sur le continent africain », rappelle Cheick Bamba, concepteur de l’application de santé « Apollo », Top Innovateurs George Washington University 2019.

« Il y a plus de chance de survivre aux COVID-19 que d’en mourir. »

– Cheick Bamba, créateur de l’appli « Apollo »

Pour aboutir à cette application qui a été officiellement lancée samedi 28 mars 2020, Sékou révèle avoir passé des nuits blanches en compagnie de certains membres de l’équipe de SCB Systems. « Je peux vous dire que les 10 derniers jours étaient incroyables pour nous. Nous avons passé des nuits blanches à travailler pendant que nous avions des responsabilités en journée sans même accuser le coût de la fatigue parce que l’objectif était plus important et noble que notre fatigue physique et psychologique ».

https://www.facebook.com/sekoucheick.bamba.79/posts/786107961913052

Malgré les « pires projections » sur la propagation du COVID-19 en Afrique de part et d’autre, Sékou Cheick Bamba reste confiant. D’après ce jeune développeur de solution en santé, « il y a plus de chance de survivre aux COVID-19 que d’en mourir ». Toutefois, il souhaite que dans tous les pays africains, chaque individu respecte les mesures de protection et de distanciation sociale préconisées par leurs autorités tout en s’appropriant l’application Apollo pour se faire dépister à distance gratuitement.

« Il est impératif que la population africaine écoute les autorités gouvernantes comme principale source d’information. Il faut respecter les consignes et pratiquer l’isolement social correctement », conseille le Doctorant en Engineering Management à la George Washington University.

Pourquoi « sauver l’Afrique » et pas les États-Unis ?

Il est vrai que les regards se tournent de plus en plus vers l’Afrique (4000 cas), mais le nouvel épicentre du COVID-19 demeure les États-Unis avec plus de 120 000 cas d’infection à la date du samedi 28 mars. À la question : pourquoi craindre pour l’Afrique et non les États-Unis ? Cheick Bamba répond qu’il demeure africain bien que vivant aux États-Unis depuis quelques années. « Alors, soutient-il, le bien-être de l’Afrique est plus qu’une priorité, mais un devoir. »

Sachant que les États-Unis, ont débloqué deux milles milliards de dollars [2 000 000 000 000 $] pour faire face à la crise du coronavirus, fondateur de SCB Systems estime qu’il y a deux poids deux mesures. « Les É.-U. sont la première puissance mondiale qui ont la capacité et les moyens financiers, humains, intellectuels et infrastructurels pour éradiquer cette pandémie. Un plan de 2 000 G$ vient d’être validé ici. Pourtant nous le savons tous, l’Afrique a et aura du mal à mobiliser les ressources nécessaires pour éradiquer le COVID-19. Il est de devoir de tout africain de collaborer pour que nous puissions sauver l’Afrique », a conclu Sékou Cheick Bamba.

FBIYAY

Lire aussi : Coronavirus, en Afrique on croyait à une « affaire de blancs »


Covid-19 : Macky Sall demande l’annulation de la dette de l’Afrique

Face à la crise sanitaire du Covid-19 qui frappe le monde et à laquelle l’Afrique risque d’être gravement confrontée, le président sénégalais Macky Sall a lancé un ‘’message fort’’ mercredi 25 mars sur son compte Twitter en demandant l’annulation de la dette des pays africains. Mais à quel prix ?

« L’Afrique, à l’image du monde, est gravement atteinte par la pandémie du Covid-19 qui va durablement impacter son économie. Je demande à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux d’accompagner la résilience du continent africain en annulant sa dette. »

Ce tweet du président sénégalais, Macky Sall, a été liké au moins 3000 fois et retweeté 1000 fois au courant de la même journée, et a reçu l’assentiment de plusieurs internautes africains, qui estiment que cette demande était légitime.

Est-ce un leurre de dire que le sol et le sous-sol de l’Afrique sont garnis de richesses ? L’argent du pétrole, du diamant, de l’or, de la bauxite, du manganèse, de l’uranium, du cacao, du caoutchouc, dans quels poches va-t-il ?

Si, par enchantement, les partenaires bilatéraux et multilatéraux venaient à « avoir pitié de l’Afrique » en annulant sa dette, est-ce à dire que nos chefs d’État seraient mieux armés pour faire face à la pandémie du Covid-19 ? Dans combien de temps seriez-vous capables de construire des hôpitaux, des centres de santé avec les équipements nécessaires pour prendre en charge les personnes atteintes du coronavirus ?

Les Africains gagneraient à s’unir pour vaincre le Covid-19 !

À l’heure où j’écrivais ces notes, le nombre d’infectés évolue à une vitesse grand V. Selon le point fait mercredi par le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Afrique), institution technique de l’Union africaine (UA), on enregistrait au moins 2 475 cas et 64 décès à la date du 25 mars 2020.

On dira que les chiffres de tout le continent africain ne sont pas si alarmants par rapport à l’Italie, l’Espagne ou les États-Unis. Mais comparaison n’est pas raison ! À combien de « cas » serons-nous confrontés dans une semaine voire un mois à cette allure ?

Il est bien beau de tendre la main aux pays riches, de demander l’effacement de la dette, mais si l’Afrique n’est pas capable de parler d’une seule voix, de s’unir pour de bon, ce sera difficile de gagner la guerre contre le Covid-19.

Je ne suis pas là pour tirer sur l’ambulance. Toutefois, j’estime qu’il est temps que nous prenions notre destin en main pour la dignité de l’Afrique. Il ne sert à rien de traiter l’Occident de tous les noms d’oiseaux et lui demander de nous venir en aide quand nous sommes incapables de nous unir pour gérer des crises sanitaires, humanitaires, politiques et économiques.  

FBIYAY


Coronavirus, en Afrique on croyait à une « affaire de blancs »

Fermetures des écoles, des universités, des magasins, des bureaux, des usines, des frontières, etc. On assiste aussi à la course au papier toilette, au cache-nez pour se protéger et aux gels hydroalcooliques pour se laver les mains. Et, pendant que les rayons de supermarchés se vident, le monde entier se barricade face à un tueur silencieux : le coronavirus ou la maladie du Covid-19.

Qu’est-ce qui arrêtera le Covid-19 ? En un temps record, le coronavirus a infecté plus de 350.000 personnes et fait plus de 15 000 morts dans le monde, particulièrement en Asie, en Europe et en Amérique. Cette maladie, qui oblige une « distanciation sociale » entre les humains, a bouleversé l’ordre mondial. L’économie est déjà à plat. C’est la faillite programmée de milliers d’entreprises. Le chômage qui prend [seul] l’ascenseur et monte chaque jour un peu plus haut.

Alors que le coronavirus fait des ravages en occident depuis quelques semaines, les pays africains croyaient jusqu’ici que c’était une « affaire de blancs ». Et, au lieu de se préparer à toute éventualité, on s’est laissé prendre et surprendre à la dernière minute par les « premiers cas » avant d’annoncer des mesures fortes.

Pourquoi les Occidentaux fuient l’Afrique?

Comme la plupart des autorités africaines ont minimisé le danger du Covid-19, les populations ont longtemps ignoré les mesures de protection draconiennes qu’on a fini par prendre ces derniers jours, enfin. Pour preuve, lorsqu’on annonce la fermeture des lieux de cultes, cela sonne encore comme un « crime de lèse-majesté » au Sénégal, au Maroc, au Niger et j’en passe.

Au Zimbabwe tout comme au Kenya, la police a dû faire usage d’une violence inouïe pour disperser ceux qui bravaient les interdictions de se rendre dans les lieux de cultes pour, dit-on, prier contre la propagation du coronavirus.

Ailleurs, les autorités ont été obligées d’instaurer le couvre-feu après avoir décrété l’état d’urgence pour pouvoir faire respecter les mesures de protection. C’est le cas du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire qui enregistraient respectivement 99 cas et 25 cas en date du lundi 23 mars 2020.

Il a fallu que des ministres burkinabés soient déclarés positifs au test du Covid-19 pour qu’enfin, le lendemain, les ministres ivoiriens sortent leur cache-nez devant les projecteurs. Mieux vaut tard que jamais face au coronavirus!

Malgré tout, le nombre de personnes infectées au coronavirus dans toute l’Afrique (environ 1600 cas pour une population d’un milliard de personnes) reste [très] minime pour l’instant, comparé à certains pays comme le Canada avec plus de 2000 cas pour 36 millions de personnes.

Immunisés par « la grâce du soleil »

Craignant une aggravation de la situation sur le continent, de nombreux ressortissants de pays occidentaux touchés gravement par le coronavirus demandent à être rapatriés pour rentrer dans leur pays.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a en effet averti que, si les systèmes de santé publique sont mis à rude épreuve en Afrique (comme c’est le cas actuellement en occident, où les structures de santé n’ont pas assez de lits pour accueillir tous les malades), alors « les hôpitaux pourraient être rapidement débordés si le virus s’installait, en particulier dans les zones urbaines surpeuplées ». Depuis cette annonce, beaucoup d’expatriés et de touristes occidentaux se sont sentis en danger de mort en Afrique.

Les Occidentaux ont-ils tort de quitter l’Afrique? Lorsqu’on entend certains Africains dire [en Afrique] qu’ils sont immunisés contre le coronavirus par la « grâce du soleil » et que le Covid-19 reste moins dans la chaleur que dans le froid, on constate que les rumeurs ont la vie dure… Ces propos donnent vraiment froid dans le dos, d’autant plus qu’en une semaine les chiffres sont passés de zéro à 1000, la contagion avance donc bel et bien en Afrique.

Comme l’a indiqué l’OMS, si l’Afrique ne se réveille pas très vite, tout porte à croire que ce qui vient à grand pas risque de s’appeler : une CATASTROPHE. Il faut donc prendre conscience de la gravité de la situation. La maladie est là, très contagieuse, c’est une réalité, une réalité mondiale, il faut donc adopter de nouvelles règles de vie et accepter de changer nos habitudes. Car on peut sauver des vies en évitant de s’attrouper, d’aller à la mosquée, à l’église, en boite de nuit, de se promener inutilement dans les rues. En un mot comme en mille, on peut rester chez soi pour sauver des vies et servir son pays.

FBIYAY


Alternance en Côte d’Ivoire, Ouattara fait mieux que Houphouët…

La Côte d’Ivoire, ce pays qui n’a jamais connu de passation de pouvoir entre deux chefs d’État depuis son accession à l’indépendance en 1960 connaîtra un nouveau sort au soir de la présidentielle de 2020. L’actuel président de la République, Alassane Dramane Ouattara (78 ans), ne sera pas candidat à sa propre succession. Il ne briguera donc pas de troisième mandat. Enfin, la porte de l’alternance politique s’ouvre.

C’est une grande première ! On peut traiter Ouattara de tous les noms d’oiseau et même critiquer sa vision des choses. Mais, il faut reconnaître que l’homme a posé un acte d’une grandeur historique le 5 mars 2020. « Je voudrais annoncer solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a déclaré Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire.

Ce discours, empreint de sagesse et d’humilité, marquera à jamais l’histoire de la Côte d’Ivoire nouvelle. Les opposants fantoches, aigris, qui avaient mis la main au feu pour annoncer un tripatouillage de la constitution par le président Ouattara pour se maintenir au pouvoir doivent refaire leur « petit calcul » politique. Le nouveau bâtisseur de la Côte d’Ivoire nouvelle, rebaptisé « Mandela de l’Afrique de l’Ouest », a redonné de la fierté aux Ivoiriens pour leur pays. Il a démontré aux yeux du monde qu’il n’est pas assoiffé de pouvoir. Mieux, l’unique premier ministre d’Houphouët a transformé positivement l’image de la Côte d’Ivoire.

« Papa nan coup d’État » a-t-il encore une dignité politique?

Quand j’entends encore Guillaume Soro (47 ans), je me demande si l’ancien président de l’Assemblée nationale (PAN) a encore une dignité politique. Il y a deux mois de cela, l’homme hallucinait. Lors de sa « conférence de lamentation » le 28 janvier 2020 à Paris, le désormais opposant et chef du mouvement politique GPS disait que Ouattara lui avait promis le pouvoir, mais n’avait pas respecté sa parole. « Il devrait faire deux mandats et je devrais lui succéder, comme ça été fait au Mali entre Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré. Cet engagement n’a pas été respecté. C’est pourquoi j’ai dit que j’avais un sentiment de trahison », dixit Guillaume Kigbafori Soro, ancien chef rebelle, contre qui un mandat d’arrêt a été lancé pour son inculpation dans une tentative de coup d’État, et ce, après celui du Burkina Faso.

« Dans sa volonté de diaboliser Ouattara, Soro démontre aux yeux du monde son « innocence politique » chaque jour que Dieu fait. »

Comme si le pouvoir se transmettait de père en fils, ces propos ont fait les choux gras des réseaux sociaux. Mais comme Guillaume « le rebelle » ne connaît pas la honte, il n’est pas resté droit dans ses bottes; lui qui attend toujours que Ouattara parle avant de se prononcer [pour s’attirer de l’audience] est revenu à la charge. Dans un discours à l’emporte-pièce, le natif de Kofiplé dénonce les propos de Ouattara sur le « transfert du pouvoir » à une nouvelle génération. « Le pouvoir appartient au peuple. C’est indéniable. Ce n’est ni un héritage ni un legs. Il ne se transfère pas. C’est au seul peuple de Côte d’Ivoire d’élire le président de la République », a déclaré Guillaume Soro le 7 mars 2020.

Comme si « transférer le pouvoir à une nouvelle génération » était synonyme de « passage en force ». Comme si cela signifiait qu’il n’allait pas y avoir d’élection en octobre 2020 en Côte d’Ivoire. Si le ridicule pouvait tuer ! Guillaume Soro, tel un sorcier qui a une mémoire de poisson rouge, oublie toujours aussi vite. Pire, l’homme se mélange les pinceaux. Il va jusqu’à confondre « alternance » et « héritage » en politique. Dans sa volonté de diaboliser Ouattara, Soro démontre aux yeux du monde son « innocence politique » chaque jour que Dieu fait.

Les « faux PLANS » du « faux PAN »

Et pourtant ! En annonçant qu’il ne sera pas candidat, à sept mois de l’élection présidentielle, Ouattara venait de déjouer tous les « faux PLANS » du « faux PAN » qui étaient en préparation. Le tenant du Palais d’Abidjan a « franchi le Rubicon » que beaucoup de chefs d’États notamment africains n’osent pas en ces temps qui coulent. En optant pour l’alternance, on pourrait dire sans se tromper que Ouattara, l’élève, a fait mieux que son maitre, Félix Houphouët-Boigny, qui a dirigé la Côte d’Ivoire pendant plus de 30 ans, et mort au pouvoir en 1993 à 88 ans.

En effet, contrairement à Houphouët, arrivé au pouvoir à 55 ans, Ouattara a pris le pouvoir à 70 ans presque. Si ce qu’il a fait en 9 ans n’est pas comparable (c’est selon) à ce que Houphouët a bâti en 33 ans, toutefois aucun autre chef d’État ivoirien n’a été capable de réaliser le quart du travail qu’il a accompli en très peu de temps.

Déjà, la Côte d’Ivoire était en lambeaux en 2011, suite à la crise postélectorale qui a fait au moins 3 000 morts, Alassane Ouattara est arrivé dans des conditions difficiles à la tête d’un pays qu’il fallait reconstruire avant de dérouler son programme pour lequel il avait été élu par les Ivoiriens. Il a non seulement dépoussiéré le pays, effacé les stigmates de la guerre, mais il est parvenu a repositionné la Côte d’Ivoire dans le concert des Nations. Sur le plan économique et sécuritaire, il a redonné confiance aux investisseurs, aux touristes et aux Ivoiriens eux-mêmes qui ne vendaient plus cher leur propre pays. Le retour du siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan en dit long. La présence remarquable de grandes enseignes commerciales, de grands hôtels un peu partout dans le pays est un signe qui ne trompe pas.

Là où le président guinéen Alpha Condé (82 ans) tente de briguer un troisième mandat contre vents et marrées Alassane Ouattara a décidé de tourner la page de la « politique des vieux » alors que la constitution de la troisième République lui permet de se représenter à la tête du pays. Là où le président togolais Faure Gnassingbé s’est représenté pour un quatrième mandat présidentiel afin de poursuivre le règne des Gnassingbé, le fils de Nabitou Cissé (mère d’Alassane Ouattara) a mis l’intérêt du peuple de Côte d’Ivoire au-dessus de tout pour enfin consolider les acquis du premier pays producteur de cacao au monde.

Oui, si la Côte d’Ivoire est aujourd’hui l’un des pays ayant les plus forts taux de croissance au monde chaque année (8% en moyenne), cela n’est ni le fruit du hasard encore moins un don du ciel. Mais il y a un nom qui colle à tout ça : Alassane Ouattara. Les œuvres et les actions de ce « président charismatique », visibles presque partout en Côte d’Ivoire, achèvent de convaincre même hors de nos frontières. Grâce à sa vision, son leadership, sa clairvoyance et sa maitrise des affaires de l’État, Ouattara a remis la Côte d’Ivoire à un niveau auquel les Ivoiriens ne pouvaient s’imaginer lorsqu’il accédait au pouvoir d’État en 2011.

Si Ouattara n’avait pas existé, les Ivoiriens l’auraient inventé !

Rendons à Ouattara ce qui est à Ouattara. Il aura fallu 47 ans après la construction des ponts Félix-Houphouët-Boigny (1957) et Charles-de-Gaulle (1967), pour voir la Côte d’Ivoire se doter d’un troisième pont dénommé Henri Konan Bédié (2014). Cette réalisation, trois ans après l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir, est venue comme une bouffée d’oxygène à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire qui enregistre plus de 5 millions d’habitants. Il aura fallu 68 ans, après la construction du Stade Félix Houphouët-Boigny (1952) de 45 000 places, pour que Alassane Ouattara dote de la Côte d’Ivoire du deuxième Stade olympique d’Ébimpé (2020) de 60 000 places.

Faut-il parler des milliers de kilomètres de bitume ? Du nouveau métro d’Abidjan ? De la construction du quatrième et du cinquième pont d’Abidjan (Yopougon et Cocody) ? Des échangeurs de Marcory, de Treichville; du pont de Bouaflé, de Jacqueville, des autoroutes de Grand-Bassam et de Yamoussoukro ? Des centres de santé, des hôpitaux, des CHR (centres hospitaliers régionaux), des écoles, des collèges, des lycées et universités, de l’électrification et de l’adduction en eau potable de milliers de villages et villes ivoiriennes ? Toutes ces réalisations ont apporté du nouveau dans la vie de l’Ivoirien nouveau grâce au travail colossal du président Ouattara.

L’objectif n’est pas d’égrener toutes les réalisations et tous les projets d’envergure du président Ouattara, parce que la liste n’est pas exhaustive. Toutefois, il s’avère indispensable de souligner en gras que le « père de l’émergence » de la Côte d’Ivoire ne s’est pas contenté que de réaliser des infrastructures modernes. Il a été celui-là même qui a rendu possible la réalisation de la Couverture Maladie Universelle (CMU), une assurance qui permet aux plus démunies de se soigner à moindre coût.

Là où Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont échoué en 17 ans de pouvoir, Alassane Ouattara a réussi à faire de la Côte d’Ivoire un grand pays, enviable, en neuf ans de gouvernance.

À un moment donné, j’ai été de ceux qui ont dénoncé la corruption et certaines inégalités sous la gestion de Ouattara. Un exercice qui est tout à fait normal, et naturel, surtout que l’objectif était de faire prendre conscience afin de rectifier le tir. Aujourd’hui, je suis de ceux qui disent que Ouattara a fait mieux que Bédié, Gbagbo. Ceux-là mêmes qui ont dû quitter le pouvoir par la force parce qu’ils ont voulu s’accrocher. Pour preuve, N’Zuéba (Bédié) a été « éjecté » par un coup d’État. Koudou (Gbagbo), élu en 2000 pour une première fois, n’a pas organisé d’élection en 2005 et s’est maintenu au pouvoir pendant 10 ans. Il aurait pu se limiter à deux mandats de cinq ans comme Ouattara vient de le faire. C’était mal le connaître!

Gbagbo et Bédié voulaient plus que deux mandats…

Le « président polygame » a préféré plonger le pays dans l’hécatombe pour son refus de reconnaître sa défaite au soir du second tour de la présidentielle de novembre 2010. L’époux de Nady et de Simone voulait juste le pouvoir pour le pouvoir. Or, il ne faisait rien pour améliorer le quotidien des Ivoiriens. De toute sa gouvernance de 2000 à 2010, les Ivoiriens n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Pendant ce temps, les Refondateurs se la coulaient douce dans les lieux de villégiature.

Certes, Ouattara « solution » n’a pas trouvé toutes les solutions à tous les maux qui mines la société ivoirienne, mais on peut dire haut et fort que la corruption et le racket, qui pourrissent la vie de ses concitoyens, ont diminué considérablement en Côte d’Ivoire. Le taux de pauvreté est à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans. L’endettement du pays qui était à 75%, lorsque Ouattara est arrivé au pouvoir en 2011, est passé en dessous de 48% en 2020. Et pourtant, les ennemis de la République continuent de mentir sur les réseaux sociaux en faisant croire que Ouattara a endetté la Côte d’Ivoire.

Du Cameroun au Liberia en passant par le Burkina, le Mali, la Guinée, le Niger, le Sénégal, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Gabon, le Congo etc. quel chef d’État a été capable de faire ce que Ouattara a réalisé en si peu de temps dans son pays ?

Disons-le tout net, la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens ne tarderont pas à regretter Alassane Ouattara avant octobre 2020. Désormais, on parlera des « traces de l’émergence » d’Alassane Ouattara, le « Mandela ivoirien ». Quelle prouesse !


Côte d’Ivoire : le match retour des va-t-en-guerre

Huit ans après la crise post-électorale de 2010 qui a fait au moins 3 000 morts en Côte d’Ivoire, les tristement célèbres politiciens ivoiriens ont enfilé à nouveau leur manteau de va-t-en-guerre. Ils tiennent des propos identitaires rétrogrades, agitent les foulards rouges et dressent les uns contre les autres. Le pays d’environ 25 millions d’habitants court-il [inéluctablement] vers une autre catastrophe? Si l’on y prend garde, les quelques conflits intercommunautaires, cette année 2019, ont déjà annoncé les signes avant-coureurs de ce qui risque d’être « irréparable » en 2020.

L’heure est grave au pays ! Félix Houphouët-Boigny, le premier président fondateur de la Côte d’Ivoire moderne (1960-1993) doit se retourner dans sa tombe. Celui qui a aboli le travail forcé en Côte d’Ivoire (1946), qui a été trois fois ministre, et non des moindres, dans des gouvernements en France (1956 à 1961), qui a rendu la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens avec l’acquisition de l’indépendance (1960) avant de mourir, va devoir mettre fin à son “silence tombal” pour recadrer ses enfants. Ces pseudos Houphouëtistes ou héritiers d’un soir, qui ont tout appris à l’école d’Houphouët, qui se réclament de son idéologie politique, ont subitement perdu la mémoire au lendemain du rappel à Dieu du “vieux” en 1993.

La culture du vrai Ivoirien de l’Ivraie…

La perte de mémoire a tellement rendu fou certains qu’on prend le malin plaisir de basculer dans la haine, la xénophobie, le rejet de l’autre à travers des discours identitaires à l’approche de chaque élection présidentielle. Déjà en 1995, on assistait à la naissance de l’Ivoirité, un slogan politique qui distinguerait le vrai Ivoirien de l’ivraie. Un beau matin, les fils adulés sont devenus des fils adultérins, des « bôyôrôdjans » (en malinké, ceux qui viennent de loin). Le résultat était implacable : d’un coup d’État en 1999, une rébellion s’est pointée en 2002. Et, la cerise sur le gâteau, une crise post-électorale viendra boucler la boucle avec au moins 3 000 morts en 2011.

Pour ceux qui ont encore de la mémoire, tout-petits, nous avons vu pleurer à chaudes larmes nos parents le jour où « Nanan Boigny » a cassé la pipe. Cela était prémonitoire. Ils ont senti la guerre de succession entre les enfants d’Houphouët. La côte d’Ivoire, jadis terre cosmopolite et hospitalière sous Houphouët, qui a connu le « miracle ivoirien » sous Houphouët, qui était considérée comme un « Petit Paradis » en Afrique sous Houphouët, est devenu infréquentable sous les « vrais faux héritiers ».

L’étranger : l’envahisseur, le faussaire, le tueur

26 ans après la mort de Félix Houphouët-Boigny, de tous les Chefs d’État qui se sont succédé à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, les Ivoiriens n’ont jamais connu de passation de pouvoir. Henri Konan Bédié, Guéi Robert, Laurent Gbagbo ont tous été “sautés” parce qu’ils ont voulu s’accrocher au pouvoir d’État. La plupart d’entre eux ont, à un moment donné, manipulé les populations par le canal des discours identitaires. Quel sera le sort d’Alassane Ouattara en 2020 ?

Comme le dit si bien Winston Churchill, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». Les Ivoiriens semblent n’avoir tiré aucune leçon de la récente crise post-électorale. Pour preuve, toutes les initiatives entreprises en matière de réconciliation n’ont jamais prospéré. Depuis plus de 10 ans, les Ivoiriens font semblant de s’aimer. Ils se regardent en chien de faïence parce qu’ils ne se font plus confiance.

Les thèmes du genre, “l’ivoirité”, “la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens”, “les vrais Ivoiriens”, “les jeunes patriotes”, “fraude sur la nationalité ivoirienne”, “le candidat de l’étranger”, etc. ont gangrené dans la tête de bon nombre d’Ivoiriens. Des frères et sœurs de la même patrie ont fini par étiqueter certains de leur compatriote « étranger » par la force des hommes politiques. La haine s’est emparée des cœurs, les nordistes sont devenus les ennemis jurés des sudistes. C’est ce qu’on a vécu. Je n’invente rien !

De gauche à droite : Robert Gueï, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié – image d’archive

De Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara en passant par Henri Konan Bédié et le général Guei Robert, les Ivoiriens ont vu nos politiciens à l’œuvre. Ils aspiraient tous à diriger le pays, ils ont tous goûté le pouvoir. On connaît leur langage, on sait qui est qui désormais. Allons-nous continuer à se haïr pour faire plaisir à ces messieurs ? On ne le dira jamais assez, la vieille classe politique est un véritable danger pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.

L’ivoirité, le nerf de la haine en Côte d’Ivoire

Pour des questions de pouvoir, ils sont prêts à déchirer la cohésion sociale sur l’autel de leurs intérêts. À l’image de l’ancien président Henri Konan Bédié qui a tenu des propos incendiaires d’une portée gravissime ces jours-ci. Le discours de quelques minutes, retranscrit ci-dessous, fait le tour du monde à travers les réseaux sociaux.

« (…) Je parlerais de faits troublants. D’abord, les conflits intercommunautaires. Ensuite, de ce que recouvre le phénomène de l’orpaillage en Côte d’Ivoire. Puisqu’on fait venir des étrangers armés, qui sont stationnés maintenant dans beaucoup de villages. S’ils sont armés, c’est pour servir à quoi ? Il faut simplement que nous soyons conscients. Car le moment venu, nous agirons pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire sous le couvert de l’orpaillage. Nous dénoncerons aussi d’autres qu’on fait venir clandestinement, cela se passe surtout dans la commune d’Abobo. Les gens rentrent, on leur fait faire des papiers et ils ressortent. Certains repartent, d’autres restent. Et tout cela pour quel but ? Si c’est pour venir fausser les élections de 2020, nous voulons le savoir. Mais nous traiterons de tout cela UN JOUR. Car, les précédents doivent nous servir. Nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café, cacao et ensuite les gens se sont installés à leur propre compte. Et aujourd’hui, ils agressent les planteurs ivoiriens. Ils se disputent même la propriété des terres. Cela devrait nous servir. Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux. Car, actuellement, on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela. (…) »

Tous les déséquilibrés mentaux ne sont pas dans des centres psychiatriques. Celui-là même qui a dirigé la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, qui a co-gouverné (2011-2018) avec l’actuel Chef de l’État Alassane Ouattara a-t-il perdu la raison à 85 ans?

On est porté à croire que la nostalgie du pouvoir pousse le “digne héritier” d’Houphouët à tomber dans la bassesse. Sans aucune preuve, si ce n’est pour embraser le pays, le président du PDCI-RDA [parti fondé par Félix Houphouët-Boigny] prétend que l’actuel régime “fait venir des étrangers armés” à Abobo pour attaquer les “vrais Ivoiriens” en 2020. Tout feu tout flamme, en présence de chefs traditionnels, l’homme qui se fait appeler affectueusement N’Zuéba va plus loin en disant qu’actuellement, le gouvernement ivoirien “fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui” et qu’il faut “agir pour que les Ivoiriens ne soient pas des étrangers chez eux”. Quand le monstre de l’Ivoirité nous tient ! Comment est-ce possible d’insinuer qu’un gouvernement fait en sorte que ses propres populations se sentent étrangères dans leur propre pays ?

À combien le gouvernement ivoirien achèterait-il des “étrangers” à l’extérieur de la Côte d’Ivoire? A-t-on besoin de quitter son pays pour venir se faire enrôler comme électeur ivoirien sachant qu’on n’est pas obligé d’être physiquement en Côte d’Ivoire pour voter ? D’ailleurs, combien d’étrangers supposés enrôlés pourrait participer à une élection en Côte d’Ivoire et fausser les résultats ? À entendre ce genre de discours d’extrême droite venant d’une personne du troisième âge, qui a l’intention de se porter candidat à une élection présidentielle, il faut juste réaliser que Bédié n’acceptera pas les résultats en 2020 quelle que soit toute la transparence qu’il pourrait y avoir.

Sinon, l’orpaillage, cette façon artisanale de rechercher l’or dans les cours d’eau, n’est pas né en 2019 en Côte d’Ivoire. Et qui a dit que les chefs orpailleurs ne sont pas des Ivoiriens ? Oui, l’orpaillage est devenu un véritable fléau. Mais on ne devrait pas utiliser ce problème de société à des fins politiques.

Au juste, c’est qui les étrangers ?

L’Ivoirien du Nord qui s’installe au Sud ou l’Ivoirien de l’Ouest qui s’installe à l’Est n’est-il pas étranger dans son propre pays ? Qui n’a jamais été étranger dans son village lorsqu’il part pour des vacances ? Vous, les hommes politiques, n’êtes-vous pas fiers de sécuriser vos biens à l’étranger ? Vous n’êtes pas fiers d’envoyer vos enfants étudier à l’étranger ? Vous n’êtes pas fiers de demander l’asile politique à l’étranger lorsque vous mettez le feu aux poudres ou quand vous sentez votre vie en danger dans votre pays d’origine ? À ce stade, quand ça vous touche, le terme étranger n’est pas péjoratif.

Ce “discours mortifère” prononcé par Bédié, que tout Ivoirien lucide devrait condamner avec la dernière énergie d’où qu’elle viennent, est pire et scabreuse que les propos tenus en janvier dans une phrase par le député Alain Lobognon. Pourtant, ce tweet lui a valu quelques jours de prison.

Diantre ! Au juste, c’est qui les étrangers qui vous donnent du fil à retordre ? Quand vous êtes désespérez, vos propres frères deviennent des étrangers, la cause de vos malheurs. Ah oui, vous avez fait appel à des étrangers pour vous aider à construire « votre pays ». Aujourd’hui, vous leur demandez de retourner chez eux ?

Les étrangers ont le droit de travailler pour vous, mais pas le droit de vivre avec vous. Quand ils décident d’y rester, ils sont qualifiés d’envahisseurs, de faussaires ou d’étrangers armés. Accepteriez-vous d’être spolié d’une maison ou d’un terrain que vous avez acheté à Paris parce que vous êtes considéré comme étranger en France ?

https://www.facebook.com/LIDER.CI/videos/368872263985905/

Les vrais ennemis de la République, ce ne sont pas les étrangers mais plutôt ceux-là mêmes qui veulent vaille que vaille s’accaparer du pouvoir en poussant à l’affrontement. Il est temps que les Ivoiriens se réveillent. Il est encore temps de s’éloigner de ces hommes politiques mafieux aux discours populistes dangereux. Ces thuriféraires d’un certain âge qui font croire aux Ivoiriens qu’ils veulent le pouvoir pour les sortir de la pauvreté, leur redonner une certaine dignité, n’ont en réalité qu’un seul objectif : utiliser des populations comme du “bétail électoral” et s’enrichir une fois aux affaires. Quand le pouvoir rend fou…


Strasbourg – Qui va sauver le soldat Macron ?

24 heures après le fameux « discours de délivrance » du chef de l’État français Emmanuel Macron, ce sont des coups de feu qui résonnaient du côté de Strasbourg, sur le plus grand marché de Noël de la France. Bilan : au moins trois morts et une dizaine de blessés [au moment de mettre en ligne ce billet]. Mais, en fait, y’aurait-il d’autres choses derrière ce « vilain coup » du 11 novembre ? C’est la question qui perdure sur les lèvres.

Pour ce qu’on sait, c’est que plus de 600 policiers et militaires français sont aux trousses de l’auteur présumé de l’attaque : un certain Cherif Chekatt. Un homme de 29 ans, ex-détenu radicalisé, qui aurait 27 condamnations à son compteur judiciaire pour des vols et des actes de violence. Comme un vrai chef bandit, fiché S, au lourd passé judiciaire, il aurait réussi à prendre la fuite en échappant à deux patrouilles des forces de l’ordre dans les minutes qui ont suivi l’attaque.

En cette période de tension sociale en France, marquée par une révolution des gilets jaunes, tous les coups seraient-ils permis de part et d’autre?

En cas d’attaque ou d’attentat terroriste dans un pays, c’est la solidarité qui devrait primer sur les divergences des uns et des autres. C’est surtout l’occasion de s’unir comme un seul homme autour du président de la République. Celui-là même qui, pour l’occasion, s’attire moins la foudre de l’opposition et des grognes sociales.

En période de deuil, c’est la solidarité qui prime!

En cette période de ‘’deuil national’’ où la haine et la vengeance s’effacent [pour se recueillir et compatir à la douleur des victimes], la côte de popularité du président de la République tend à grimper le plus souvent. C’est ce qui a été donné de voir au cours des dernières années en France.

Le 1er octobre 2017 à Marseille, deux femmes avaient été poignardées par un homme, qui a été abattu dans la foulé par un militaire de l’opération Sentinelle. Le 23 mars 2018 à Carcassonne et Trèbes, quatre personnes ont trouvé la mort suite à des attaques commis par un homme qui avait aussi été abattu par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN). 

La fusillade du 11 décembre ne mérite-t-elle pas qu’on s’apitoie sur le sort de Strasbourg? Depuis l’avènement du chef de file du mouvement En Marche au pouvoir, Emmanuel Macron a déjà eu à gérer deux attentats terroristes revendiqués par l’État islamique. Dans les deux cas de situation, une chose est sûre : les attaques ont toutes été revendiquées par un groupe terroriste et les assaillants ont tous été abattus. Cette fois-ci, le tireur de Strasbourg a réussi à prendre la poudre d’escampette sans prendre une balle dans la tête. Alors que certains Français sont sous le choc, d’autres évoquent une théorie du complot qui viserait à plomber le mouvement des gilets jaunes.

L’allocution du président Macron, qui pensait avoir apporté une réponse concrète à certaines revendications des gilets jaunes, à travers plusieurs mesures annoncées le lundi 10 décembre, a vite été botté en touche par les protestataires. Ces derniers, soutenus par une frange de l’opposition française, prévoyaient l’acte V de la contestation le samedi 15 décembre quand la fusillade est intervenue à Strasbourg.

Cette coïncidence entre la sortie du chef de l’Etat, la marche annoncée et l’attaque du marché de Noël serait tout sauf un hasard pour les partisans de la théorie du complot. En attendant, et face aux élucubrations, seule une revendication de la fusillade par une organisation terroriste pourrait sauver le soldat Macron.