Catalogne-Québec, une patate chaude pour les Canadiens

Mise sous tutelle ou pas, la Catalogne n’est pas que l’affaire des Catalans ou des Espagnols. La résolution proclamant l’indépendance de cette partie du monde a sonné, vendredi 27 octobre 2017, comme un gros coup de canon au Canada, à grand retentissement au Québec.

Ce n’est un secret pour personne. Au Québec, des partis politiques issus de l’opposition actuelle – qui proclament le souverainisme, le nationalisme québécois -, militent depuis belle lurette pour l’indépendance de la province. Alors que cette région du Canada est depuis plus d’une décennie gouvernée par des Libéraux du Parti Libéral du Québec (PLQ). Qui, eux, prônent le libéralisme, le néolibéralisme et enfin le fédéralisme. Une posture qui donne du fil à retordre au parti au pouvoir lorsqu’il est sommé de se prononcer, au parlement, sur l’indépendance de la Catalogne.

Ça sonne indépendance, ça tombe en transe !

Acculé par le Parti Québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) par moments, Philippe Couillard a fini par démontrer, en septembre, que son parti, le PLQ, avait un penchant pour l’indépendance du Québec ; mais que cela pourrait diviser la province en morceaux au lendemain d’un référendum gagnant. Non sans mettre en garde sur d’éventuelles conséquences. Sauf qu’à chaque fois qu’on évoque la question d’indépendance en Catalogne, il y a un rebondissement au Québec. Comme a pu le constater le vendredi 27 octobre. Lorsque la résolution proclamant l’indépendance de la Catalogne a été adoptée, des Canadiens sont ‘’tombés en transe’’.

Au plan local, Québec solidaire a été l’un des premiers partis politiques à appuyer cette « légitimité catalane » par la voix de sa porte-parole féminine, Manon Massé. « La déclaration d’indépendance de la Catalogne est légitime. À Québec solidaire, nous appelons tous les démocrates à la reconnaître », a tweeté la députée de Sainte-Marie Saint-Jacques. « Face au refus de négocier de Madrid, la Catalogne déclare son indépendance, le Parti québécois la reconnaît et l’appuie », a écrit sur Twitter le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. « La Catalogne 194e pays à l’ONU, le Québec et le Canada doivent reconnaître le nouveau pays de la Catalogne », a écrit pour sa part Martine Ouellet, chef du Bloc québécois sur Facebook.

Ce n’est pas d’être solidaire ou l’avocat du diable !

Pourtant, la Catalogne et le Québec sont deux territoires différents sur deux continents différents. Le premier est un territoire espagnol d’une superficie de 31 950 km² avec une population qui est estimée à 7,5 millions (2016). Le second est une province canadienne d’une superficie de 1 667 441 km², avec une population estimée à 8,3 millions (2017). En gros, le Québec avale trois fois la France (643 801 km²) qui a pourtant une population estimée à 67,5 millions (2016).

Comparaison n’est pas raison. Oui, mais le commun des mortels pourrait bien se poser la question à savoir : « pourquoi ce qui se passe en Catalogne touche aussi fort le Québec ? » À entendre Philippe Couillard, le Québec ne devrait pas « s’ingérer » dans une affaire qui ne le concerne pas. Or, le premier ministre reconnaît tout de même que sa province, « le Québec, partage une riche relation avec la Catalogne ». Mais la question n’est pas d’être « solidaire » ou « l’avocat du diable ». Que l’indépendance Catalane soit reconnue ou non. Le problème, c’est que la Catalogne est devenue une sorte d’arête dans la gorge des Espagnols, des Canadiens et des Québécois aussi. Tant qu’on en parlera, ça restera une patate chaude. Finalement, on se demande : entre fédéralistes et séparatistes qui va plier l’échine ?

En attendant, bonjour la république… très provinciale !

FBIYAY

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Fofana Baba Idriss
Journaliste-Blogueur, communicateur, web activiste, volontaire de la bonne cause !

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