Gouvernance : Ouattara et Soro se font la passe ?

Article : Gouvernance : Ouattara et Soro se font la passe ?
28 avril 2013

Gouvernance : Ouattara et Soro se font la passe ?

Avril 2012 – avril 2013. Cela fait un an, jour pour jour, que Guillaume Soro est Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. A l’occasion de l’ouverture de la première session ordinaire du Parlement ivoirien, le mercredi 24 avril, le patron de l’hémicycle a eu à faire une révélation de taille en présence d’une dizaine de délégations parlementaires venues de la sous-région.

Il ne se passe plus de jour, depuis l’arrivée de Guillaume Soro au perchoir, sans que l’on entende dire, que le président ivoirien, Alassane Ouattara est en train de préparer son successeur. Dans les rues de la capitale abidjanaise, on murmure et on chuchote sur ce que d’aucuns qualifient de « pacte ».

Le comble, c’est lorsque le 10 avril dernier, l’Assemblée nationale a voté « La Loi d’habilitation », qui autorise le Président de la République à légiférer par ordonnance. On aura tout entendu. N’ont-ils pas raison de se prononcer ? Quand on sait que plus de 49% de la population est analphabète, la communication n’est-elle pas cruciale pour l’instruction des uns et des autres, sur des questions critiques, dans la gestion des affaires d’Etat. Ce qui m’a touché, la dernière fois à l’hémicycle, c’est qu’en bon démocrate, celui que certains appellent le « bon petit de Ouattara » a démontré qu’il acceptait les critiques.

Mais, comment j’ai su cela ?

A l’occasion de cette première session ordinaire de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, marquant le départ des travaux parlementaires de l’année 2013, en présence de dix délégations parlementaires africaines venues du Gabon, du Togo, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin, de la République Démocratique du Congo, du Congo Brazzaville, du Ghana, du Mali et du Sénégal, Guillaume Soro a levé le voile sur l’affaire qui tendait à l’incriminer, aux yeux de bon nombre de personnes. Si beaucoup de choses ont été passées en revue par le Président de l’Assemblée nationale (PAN), face à un beau monde, notamment le bilan de ses activités, en passant par la Diplomatie Parlementaire et les nouvelles orientations de l’Institution qu’il dirige.

Cependant, ce qui m’a plus ouvert les yeux, c’est lorsqu’il est revenu sur le problème. « Revenant à La Loi d’habilitation qui a autorisé le Président de la République à légiférer par Ordonnance, celle-ci a fait l’objet de vives discussions. Ce qui est une bonne chose. Mais les interprétations, fort éloignées de la vérité, le sont moins », a-t-il fait savoir. Et le PAN qui tenait à mettre les choses au clair, dans la foulée, lance ce bout de phrase : « Que les choses soient claires ! ».En plus des personnalités politiques, les chefs religieux et chefs traditionnels ont pris une part active à cette session ordinaire du Parlement ivoirien. Crédit photo: FBISession parlementaire: Crédit: FBIYAY

Dès cet instant, je commence à comprendre, au plus profond de mon être, que Guillaume Soro attendait un jour spécial pour lever les équivoques que crée cette loi, tendant à faire croire qu’il y a un « deal » entre lui et le président Ouattara. D’abord, il fait comprendre que cette autorisation est une Loi ordinaire. Et que constitutionnellement parlant, elle est limitée dans le temps. « La Loi du 10 avril 2013, ne porte que sur la gestion budgétaire pour l’année 2013. Ensuite, elle répond à l’exécution du programme du Président de la République, conformément à l’article 75 de la Constitution », soulignait Guillaume Soro.

La contre-attaque de Soro

Malgré tout, il s’est insurgé du fait que cette loi ait alimenté le procès de son Institution, en l’accusant de vouloir donner un blanc-seing au gouvernement en matière de législation. « Je concède volontiers à nos détracteurs que la critique constructive, dans un système démocratique, a une fonction pédagogique, lorsqu’elle repose sur des bases juridiques. Ce qui n’est pas le cas en l’espèce, puisque l’Article 75 de notre Constitution autorise la Loi d’habilitation et définit les conditions de sa mise en application. Il n’est donc pas étonnant que, par le passé, nos prédécesseurs, aient eu recours à la Loi d’habilitation », dira l’homme fort du Parlement ivoirien.

A l’en croire, depuis le Père-fondateur de la nation ivoirienne, feu Félix Houphouët-Boigny jusqu’à ce jour, l’Exécutif a été autorisé, à travers les différentes Lois de finances, à prendre par Ordonnances des mesures qui sont normalement du domaine de la Loi. « Notre Législative n’a donc pas innové », ajoutera Guillaume Soro.

C’est en ce moment que j’ai compris que loin d’être une exception, la « Loi d’habilitation » constitue en réalité, une pratique de gouvernance largement utilisée. N’avait-on pas besoin d’explications pour être au même niveau que le PAN ? A présent, j’espère que les autres comprendront, également, que la « Loi d’habilitation » n’est pas une passe entre Ouattara et Soro !

FBI

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Commentaires

Aly Badra Coulibaly
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Merci pour l'info

Fofana Baba Idriss
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ça vaut le coup mon frère AlyCo