En exil, pourquoi les pro-Gbagbo sèment le bordel au Cameroun ?

Article : En exil, pourquoi les pro-Gbagbo sèment le bordel au Cameroun ?

En exil, pourquoi les pro-Gbagbo sèment le bordel au Cameroun ?

Rebelote !

Après la claque de Guillaume Soro au Front social démocratique (SDF) du Cameroun, ce parti accuse le chef du Parlement ivoirien d’avoir orchestré l’arrestation de Don Mello. Et pourtant, le pro-Gbagbo y était pour préparer les esprits.

Don Mello n’était pas pour la bonne cause au Cameroun. L’ancien ministre de l’Equipement et porte-parole du dernier « gouvernement fantoche » de l’ex-Président ivoirien, Laurent Gbagbo, avait été arrêté dans la nuit du 11 au 12 juin 2014 à Douala. Puis, relâché aussitôt dans les heures qui ont suivi son interpellation.

A la vérité, Ahoua Don Mello qui s’est exilé depuis la chute de son mentor, le 11 avril 2011, au Ghana, s’était rendu au pays de Paul Biya pour faire échec à la visite officielle que le président du Parlement ivoirien y effectuait. Or, Guillaume Soro n’allait pas en villégiature. Même pas pour défier quiconque. L’homme se rendait à une invitation de son homologue en vue d’assister à l’ouverture solennelle de la deuxième session du Parlement camerounais le 11 juin 2014. Malheureusement, l’ex-chef rebelle ne savait pas qu’Ahoua Don Mello, le pro-Gbagbo, en activiste notoire, l’avait devancé pour concocter un « plan funeste ». Celui de préparer un esprit hostile à la visite de Guillaume Soro au Cameroun.

Le mot d’ordre…

Etant très introduit au sein d’une certaine opinion aussi bien hostile au pouvoir d’Abidjan qu’au N°1 des députés ivoiriens, Don Mello a multiplié les réunions avec le Front social démocratique (SDF), premier parti de l’opposition parlementaire au Cameroun, dans le but de jeter l’opprobre sur le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Qui, selon eux, serait à la base de la déchéance de l’ancien régime Gbagbo.

Ainsi, à l’arrivée de Guillaume Soro à Yaoundé, le 10 juin 2014, pendant que Don Mello ‘’squattait’’ encore sur le territoire camerounais, l’homme d’Etat a eu droit à toutes sortes d’insanité morale de la part de ceux qui avaient été formatés. Sans doute, un coup réussi! Puisque le jour même de la séance parlementaire, les 18 députés du SDF ont appliqué le mot d’ordre lancé par leur parti. Foulant au pied toute règle d’orthodoxie, ils ont déserté l’hémicycle au moment même où Guillaume Soro venait de prendre la parole.

Mais, le ‘’#koukourakou’’ (l’enfant vieux, ndlr) a gardé sa sérénité légendaire. En bon politicien, il a su placer les mots, dire sa part de vérité et convaincre les ‘’esprits grégaires’’. L’ancien secrétaire général des Forces nouvelles n’a pas manqué de dire devant les députés camerounais, qu’il s’est battu contre l’intolérance et la xénophobie dans son pays, au même titre que Um Nyobe et Martin Paul Samba qui ont combattu le colonialisme au Cameroun.

Le boycott… du chef

« Quand j’allais au Cameroun, il m’a été dit que j’allais en terre hostile. Une bonne partie de cette opinion, intoxiquée par la propagande de l’ancien régime, évidemment, n’avait pas compris la réalité de la situation politique de notre pays (Côte d’Ivoire, ndlr). Vous avez vu ce qui s’est passé à la bouillonnante Assemblée nationale du Cameroun. Où certains députés du SDF ont déserté la salle. Vous savez bien que le SDF (Front social démocratique), dirigé par John Fru Ndi est l’ami personnel de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui a convoqué et tenu une réunion avec des cadres du FPI, notamment Ahoua Don Mello pour aboutir à ce boycott de ma personne », a confié le PAN Guillaume Soro, de retour à Abidjan.

Néanmoins, le chef du Parlement ivoirien s’est dit ‘’heureux et fier’’ d’avoir réussi à faire faire une meilleure lecture de la réalité à cette partie de l’opinion camerounaise qui était considérée hostile au nouveau régime Ouattara. « Je suis heureux et fier de vous dire que nous avons réussi à transformer cette partie de l’opinion camerounaise qui était considérée hostile. Cette opinion est devenue une opinion amie de la Côte d’Ivoire », s’est-il réjoui.

Comme si Soro venait de vaincre les pro-Gbagbo vivant au Cameroun et le SDF, ces derniers ont jeté leur dévolu sur le chapitre afférant à l’arrestation de leur ‘’frère’’. Quarante-huit heures après le départ du N°2 Ivoirien, soit le lundi 16 juin 2014, le parti de John Fru Ndi a pondu une déclaration où il « dénonce avec la dernière énergie une forfaiture qui a considérablement terni l’image du Cameroun à travers le monde ». Accusant du coup, Guillaume Soro d’avoir orchestré l’arrestation de Don Mello sur leur territoire.

Don Mello, l'un des activistes notoire parmi les pro-Gbagbo. Ph: DR
Don Mello, l’un des activistes notoire parmi les pro-Gbagbo. Ph: DR

Pour le SDF, le seul crime manifeste de celui de Don Mello « est d’avoir étouffé et mis sous l’éteignoir la diplomatie officielle factice » du PAN. Et pourtant, défendent les hommes de John Fru Ndi, le truand est « protégé par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés ainsi que d’autres dispositions internationales, aucune raison n’aurait pu justifier l’arrestation, encore moins l’extradition vers son pays d’origine de Ahoua Don Mello ».

Face à cette accusation, Guillaume Soro a cru bon de rappeler à ses détracteurs qu’il n’avait aucun pouvoir d’influencer la politique défensive et sécuritaire du Cameroun. « Nous avons été tous informés de ce que Don Mello avait été interpellé dans un aéroport. Donc, ce n’est pas Guillaume Soro qui dicte la politique défensive et sécuritaire du Cameroun ». Qu’à cela ne tienne.

On sème le bordel… chez Biya !

Disons-le tout net. La sortie maladroite des députés du Front Social Démocratique (SDF) lors de la visite de Guillaume Soro continue de déshonorer le Cameroun, surtout le Président Biya. En tenant des propos désobligeants à l’ endroit du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, c’est insulter la diplomatie parlementaire qui existe entre les deux pays.

Paul Biya, le tout puissant président du Cameroun. Ph: DR
Paul Biya, le tout puissant président du Cameroun. Ph: DR

Comment comprendre qu’un exilé, fut-il protégé par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, puisse aller semer du bordel dans un autre pays, sans que rien ne se passe ? Ahoua Don Mello, un activiste notoire, ayant décidé de s’établir au Ghana, depuis la chute de Laurent Gbagbo, vole de pays en pays, pour nuire aux Institutions républicaines.

Comment accepter que des pro-Gbagbo qui ont, durant des années, alimenté la politique ivoirienne de propos haineux, se déportent dans d’autres pays pour continuer dans la même veine ? Diviser les autres pour régner ! Le Cameroun ne doit pas laisser prospérer ce comportement sur son territoire. Le Président Biya ne doit pas cautionner la forfaiture des partisans du prisonnier de La Haye. Il est temps de taper du poing sur la table. La plaisanterie a assez duré !

FBI

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Commentaires

Ladji SIRABADA
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Comme tu le dis si bien, rebelotte...

Fofana Baba Idriss
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Je t'avais fait la promesse de revenir sur le cas Don Mello, que je n'ai pas mêlé au billet sur le discours de Soro au Cameroun.

Yves Tchakounte
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Du courage Ladji. Je crois avoir décri le discours de Soro dans un billet. En tous les cas, les Africains doivent tenir bon!!!
https://matango.mondoblog.org/2014/06/14/visite-officielle-de-guillaume-soro-quelle-lecon-pour-le-cameroun/

Fofana Baba Idriss
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Oh là, ce n'est pas le billet écrit par Ladji. C'est FBI.
Merci

Yves Tchakounte
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Oufff!!! Merci d'avoir rectifier. Bonne journée FBI. Désolé!