22 avril 2013

21 avril, les élections sabotées à Abidjan

A quoi doit-on s’attendre, si ces élections locales ne se sont pas déroulées comme il le fallait hier, dimanche 21 avril, en Côte d’Ivoire ?

Alors que la Commission électorale indépendant (CEI) continuait de faire croire sur les antennes de la télévision nationale que tout avait été mis en œuvre pour parer à toute éventualité, dans plusieurs lieux de votes, dans la commune de Cocody, les électeurs étaient désemparés. A 9 heures, au Centre du lycée Mahou, dans le quartier d’Angré, les électeurs ont buté sur l’absence des scrutateurs. A l’intérieur des 9 Bureaux de vote (BV), l’on pouvait constater qu’il n’y avait aucun isoloir, ni urne.

Des éléments de la police trouvés sur les lieux, justifiait mal ce qu’on pourrait qualifier de ‘’sabotage électoral’’. « Nous avons bouclé la zone depuis 6 heures du matin. Mais jusqu’à O9 h 30, nous constatons que le matériel électoral n’est pas encore arrivé », s’est étonné un policier, sous le sceau de l’anonymat. Si au quartier ‘’Mahou’’, les différents BV étaient libres d’accès, ce n’était pas le cas du côté du Centre ‘’Aimé Césaire’’, dans le sous quartier ‘’Alakro’’ des Deux-Plateaux. A 10 heures, les électeurs étaient logés à la mauvaise enseigne. Puisque toutes les portes des BV étaient hermétiquement fermées. « On ne sait pas pourquoi les bureaux de vote ne sont pas encore ouverts. A quel moment nous allons voter », s’interrogeait un riverain. Rencontré dans les environs, le superviseur de la CEI s’est refusé à tout commentaire.

Aussitôt, de chaudes discussions éclataient entre lui et certains électeurs qui en avaient marre. Même son de cloche au Centre du camp de gendarmerie d’Agban, toujours aux Deux-Plateaux. Là-bas, le centre était complètement fermé à 10h 30.

Un centre où le scrutin a débuté tardivement. Crédit Photo: Fofana
Un centre où le scrutin a débuté tardivement. Crédit Photo: FBIYAY

Cependant, au centre du groupe scolaire ‘’Les Dauphins’’ de Cocody-Les Vallons, les six BV étaient ouverts et la quasi-totalité des scrutateurs, représentants de candidats et superviseurs étaient présents dans les salles. Seulement, ce n’était pas la grande affluence au niveau des électeurs. N’Da Serge, vice-président de la CEI Cocody II et superviseur au compte de la Commission électorale, tente d’expliquer que les potentiels votants seraient encore à l’Eglise.

« Nous avons ouvert le centre à 8 h 20. En vertu de nos pouvoirs, nous avons procédé au remplacement d’un président et de trois secrétaires de bureaux de vote qui étaient absents. Tout est rentré dans l’ordre mais nous continuons d’attendre les électeurs qui arrivent au compte-goutte. Nous espérons qu’après les trois Messes de la journée, notamment celle de 7 h, 9h et 11h, il y aura de l’affluence », expirait-il.

Tout comme au Centre du groupe scolaire ‘’Les Perles’’, dans les encablures de l’Ambassade de Chine, vers 11h30, les 13 BV de vote étaient plus ou moins visités par quelques électeurs. D’ailleurs, par endroit, des représentants de candidats, ne s’empêchaient pas de prendre leur déjeuner dans les salles.

Le candidat du PDCI se révolte:‘’Notre victoire ne nous échappera pas’’

N'Goan Aka Mathias, candidat du PDCI aux élections municipales à Cocody. Crédit Photo: Fofana
N’Goan Aka Mathias, candidat du PDCI aux élections municipales à Cocody. Crédit Photo: Fofana

Ça passe ou ça casse ! En tout cas N’Goan Aka Mathias, a parlé avec feu. Après avoir accompli son acte de vote, hier à 10 h 30, au groupe scolaire ‘’Les Dauphins’’, du sous quartier ‘’Les Vallons’’, le candidat du plus vieux parti de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a parcouru plusieurs Centres de vote. Suite à ce périple, l’homme s’est rendu compte de visu que la majorité des lieux de vote étaient fermés où n’avaient pas d’urnes ou d’isoloirs. En plus de cela, N’Goan Aka Mathias s’est insurgé du fait que des candidats auraient déjà bourrés des urnes et qui seraient à la CEI.

« Nous avons soumis le problème à notre direction. Il n’est pas normal qu’un scrutin aussi important soit meublé de remous et que nos alliés du RDR (parti du président Ouattara, ndlr) veuillent coûte que coûte tricher. Ce n’est pas le moment de poser des actes contraire à notre alliance. Au-delà de tout ça, j’ai foi en ma victoire. Et, cette victoire ne nous échappera pas quel que soit ce que cela va nous coûter. Mais, je pense que la sagesse va triompher », a-t-il juré la main sur le cœur.

A en croire N’Goan Aka Mathias, les populations de Cocody lui ont démontré qu’il a eu raison de se présenter à ces élections municipales. « Malgré les vicissitudes, je n’ai pas abandonné la course. Depuis plus de 12 ans, nous avons travaillé dans cette commune avec les jeunes. Il faut que ce soit ces jeunes qui s’installent à la mairie. Si en 2001 on a laissé passer les choses, en 2013 la forfaiture ne passera pas », a averti le candidat du président Bédié à Cocody.

Pour le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec ces élections locales, les Ivoiriens courent vers une deuxième crise post-électorale, après celle de 2011, malgré le boycott de ces élections locales par le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo.

FBIYAY

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Commentaires

William Bayiha
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Excellent reportage. Nous avons appris via Rfi qu'il n'y avait pas d'affluence. Toi tu viens mettre des visages derrière ces faits. Merci.

Fofana Baba Idriss
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Merci d'avoir lu. Willy

Limoune
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Merci pour le reportage Fofana. Et toi, as-tu voté ?

Fofana Baba Idriss
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Merci Limoune. Evidemment,j'ai accompli mon devoir citoyen.

Boukari Ouédraogo
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C'était prévisible. La situation n'a pas été prévenue. Au sortie d'une crise comme celle qu'a connu le pays, il fallait s'attendre à tout cela et il ne fallait espérer de l'affluence parce que les gens sont encore marqués.

Fofana Baba Idriss
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Je t'assure Boukari. Le comble c'est que le FPI n'a pas participé à ces élections, les ''Houphouëtistes'' sont presqu'au bords de la rupture.