Strasbourg – Qui va sauver le soldat Macron ?

24 heures après le fameux « discours de délivrance » du chef de l’État français Emmanuel Macron, ce sont des coups de feu qui résonnaient du côté de Strasbourg, sur le plus grand marché de Noël de la France. Bilan : au moins trois morts et une dizaine de blessés [au moment de mettre en ligne ce billet]. Mais, en fait, y’aurait-il d’autres choses derrière ce « vilain coup » du 11 novembre ? C’est la question qui perdure sur les lèvres.

Pour ce qu’on sait, c’est que plus de 600 policiers et militaires français sont aux trousses de l’auteur présumé de l’attaque : un certain Cherif Chekatt. Un homme de 29 ans, ex-détenu radicalisé, qui aurait 27 condamnations à son compteur judiciaire pour des vols et des actes de violence. Comme un vrai chef bandit, fiché S, au lourd passé judiciaire, il aurait réussi à prendre la fuite en échappant à deux patrouilles des forces de l’ordre dans les minutes qui ont suivi l’attaque.

En cette période de tension sociale en France, marquée par une révolution des gilets jaunes, tous les coups seraient-ils permis de part et d’autre?

En cas d’attaque ou d’attentat terroriste dans un pays, c’est la solidarité qui devrait primer sur les divergences des uns et des autres. C’est surtout l’occasion de s’unir comme un seul homme autour du président de la République. Celui-là même qui, pour l’occasion, s’attire moins la foudre de l’opposition et des grognes sociales.

En période de deuil, c’est la solidarité qui prime!

En cette période de ‘’deuil national’’ où la haine et la vengeance s’effacent [pour se recueillir et compatir à la douleur des victimes], la côte de popularité du président de la République tend à grimper le plus souvent. C’est ce qui a été donné de voir au cours des dernières années en France.

Le 1er octobre 2017 à Marseille, deux femmes avaient été poignardées par un homme, qui a été abattu dans la foulé par un militaire de l’opération Sentinelle. Le 23 mars 2018 à Carcassonne et Trèbes, quatre personnes ont trouvé la mort suite à des attaques commis par un homme qui avait aussi été abattu par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN). 

La fusillade du 11 décembre ne mérite-t-elle pas qu’on s’apitoie sur le sort de Strasbourg? Depuis l’avènement du chef de file du mouvement En Marche au pouvoir, Emmanuel Macron a déjà eu à gérer deux attentats terroristes revendiqués par l’État islamique. Dans les deux cas de situation, une chose est sûre : les attaques ont toutes été revendiquées par un groupe terroriste et les assaillants ont tous été abattus. Cette fois-ci, le tireur de Strasbourg a réussi à prendre la poudre d’escampette sans prendre une balle dans la tête. Alors que certains Français sont sous le choc, d’autres évoquent une théorie du complot qui viserait à plomber le mouvement des gilets jaunes.

L’allocution du président Macron, qui pensait avoir apporté une réponse concrète à certaines revendications des gilets jaunes, à travers plusieurs mesures annoncées le lundi 10 décembre, a vite été botté en touche par les protestataires. Ces derniers, soutenus par une frange de l’opposition française, prévoyaient l’acte V de la contestation le samedi 15 décembre quand la fusillade est intervenue à Strasbourg.

Cette coïncidence entre la sortie du chef de l’Etat, la marche annoncée et l’attaque du marché de Noël serait tout sauf un hasard pour les partisans de la théorie du complot. En attendant, et face aux élucubrations, seule une revendication de la fusillade par une organisation terroriste pourrait sauver le soldat Macron.

The following two tabs change content below.
Fofana Baba Idriss
Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où j'anime notamment des chroniques politiques et parle aussi de culture et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, j'ai occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *